À l’heure où la sécurité alimentaire et l’adaptation aux dérèglements climatiques deviennent des priorités nationales, l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et le Centre International de Recherche Agricole dans les Zones Arides (ICARDA) ont révélé, lors d’une journée de démonstration au domaine expérimental de Marchouch, de nouvelles percées scientifiques majeures. Organisé sous la présidence du ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, l’événement a rassemblé quelque 350 experts, chercheurs, agriculteurs et représentants des médias, soulignant l’importance stratégique de la recherche agronomique dans le cadre de la feuille de route « Génération Green 2020-2030 ».
La rencontre a permis de mettre en lumière les résultats concrets de la collaboration entre l’INRA et l’ICARDA en matière d’amélioration génétique, de gestion des ressources hydriques et d’innovations technologiques. Plus de 110 variétés en production G1 et 45 en G2, issues de programmes de sélection avancée, ont été présentées sur plus de 55 hectares. Ces variétés, développées pour affronter les conditions climatiques arides et le stress hydrique récurrent, offrent un potentiel agronomique prometteur pour booster les rendements des cultures céréalières, fourragères et légumineuses.
Parmi les innovations majeures, le programme commun INRA-ICARDA MCGP a mis l’accent sur l’adoption du semis direct combiné à des rotations avec des légumineuses et des cultures fourragères. Ces systèmes de culture intégrée ont permis d’atteindre des rendements en paille de plus de 30 quintaux par hectare. Même avec une irrigation d’appoint très réduite (15 mm), les gains enregistrés dépassent les 20 quintaux, prouvant l’efficacité de ces pratiques dans des conditions de sécheresse prolongée.
L’événement a également été marqué par la présentation d’un prototype de système hydroponique « simple-tech », conçu localement. Cette technologie low-cost, adaptée aux contextes contraints, facilite la production de fourrage vert sans recourir au sol, ouvrant de nouvelles perspectives pour les zones à faible disponibilité en eau. Ce dispositif est complété par le lancement d’une nouvelle variété d’orge nommée « Hydroponica », spécifiquement sélectionnée pour la culture hors-sol.
Dans le prolongement de cette dynamique, l’INRA prévoit, d’ici 2030, la mise au point de 30 à 50 nouvelles variétés agricoles à haute valeur ajoutée, couvrant l’ensemble des filières végétales stratégiques du pays. En parallèle, l’objectif est de généraliser le semis direct sur un million d’hectares afin d’augmenter la productivité d’au moins 50 %, tout en préservant les ressources naturelles et en favorisant une agriculture plus sobre et mieux adaptée aux défis climatiques.
À travers ces avancées, le Maroc s’inscrit résolument dans une logique de souveraineté alimentaire durable, combinant innovations génétiques, solutions technologiques et pratiques culturales adaptées, pour renforcer la résilience du secteur agricole face aux mutations environnementales à venir.


