Le Maroc vient de franchir une étape structurante dans l’organisation de son économie de la qualité. Le Conseil de gouvernement a adopté le projet de loi n°22.25 portant sur l’accréditation des organismes d’évaluation de la conformité, ouvrant la voie à la création de l’Institut marocain d’accréditation. Cette nouvelle institution sera chargée d’autoriser et de superviser les entités qui certifient la conformité des produits, services et systèmes aux normes en vigueur, au Maroc comme à l’international.
Présenté par le ministère de l’Industrie et du Commerce, le texte a été entériné lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement. L’annonce a été faite par le porte-parole de l’Exécutif, Mustapha Baitas, à l’issue du Conseil. L’objectif est clair : doter le Royaume d’un système d’accréditation fiable, reconnu à l’échelle internationale et capable de sécuriser l’ensemble de la chaîne de certification, depuis les laboratoires d’essais jusqu’aux organismes de contrôle et d’inspection.
Avec ce nouveau cadre juridique, le Maroc se met en conformité avec les standards internationaux qui régissent l’accréditation, notamment dans les secteurs industriels, agroalimentaires, sanitaires et environnementaux. L’Institut marocain d’accréditation aura pour mission de garantir que les organismes chargés de vérifier la qualité et la conformité des produits respectent des critères stricts de compétence, d’indépendance et de transparence. Une condition devenue indispensable dans un contexte d’échanges commerciaux de plus en plus réglementés.
Pour les entreprises marocaines, l’enjeu est concret. Jusqu’à présent, certaines certifications nécessitaient de recourir à des organismes étrangers, avec des coûts élevés et des délais contraignants. Le nouveau système promet un accès élargi à des services d’accréditation localement disponibles, à des conditions plus accessibles, tout en conservant une reconnaissance internationale. Une évolution qui peut peser directement sur la compétitivité des entreprises exportatrices, en particulier dans l’industrie, l’agroalimentaire et les activités de transformation.
Sur le plan du commerce extérieur, la portée est stratégique. Les rapports d’essais, d’analyses et les certificats de conformité délivrés sous l’autorité de l’Institut marocain d’accréditation devraient être reconnus par les partenaires du Royaume. Cela réduit les barrières techniques à l’exportation et facilite l’accès des produits marocains aux marchés européens, africains et internationaux, où les exigences en matière de traçabilité et de conformité sont de plus en plus strictes.
En structurant son système national d’accréditation, le Maroc se dote ainsi d’un outil central pour sécuriser sa production, protéger le consommateur et renforcer la crédibilité de ses filières industrielles. Un levier discret mais décisif pour accompagner la montée en gamme de l’économie et consolider la place du Royaume dans les chaînes de valeur mondiales.


