Le groupe Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) se positionne en tête du premier exercice national de chiffrage des investissements climatiques des entreprises et établissements publics, avec un score d’évaluation parfait de 100%. Cette étude, conduite par le ministère des Finances en collaboration avec un cabinet spécialisé, souligne le rôle central de la CDG dans la transition verte du Maroc et marque une étape majeure dans la consolidation de la finance climat publique.
L’exercice a porté sur un échantillon de dix établissements jugés prioritaires parmi 271 entités recensées, sélectionnés selon leur capacité financière, leur impact environnemental et leur maturité institutionnelle en matière de reporting climatique. Sur la période 2022-2024, ces structures ont investi un total de 54 milliards de dirhams, dont près de 32 milliards – soit 59% – ont été consacrés à des projets à vocation climatique directe ou indirecte. Parmi les initiatives phares figurent un projet solaire d’envergure porté par Masen, pour un montant de 1,42 milliard de dirhams, plusieurs programmes de préservation forestière de l’Agence nationale des eaux et forêts pour près de 6 milliards, ainsi que douze projets de décarbonation industrielle du groupe OCP, représentant 10,39 milliards de dirhams, dont 89% sont dédiés à la lutte contre le changement climatique.
D’autres acteurs publics affichent également des niveaux d’engagement remarquables. L’Agence nationale des eaux et forêts (93%), l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (80%), le groupe OCP (80%), les Autoroutes du Maroc (80%), le port Tanger Med (80%) et l’Agence marocaine pour l’énergie solaire figurent parmi les structures les plus impliquées. Néanmoins, certaines entités, dont l’ONDA, la CDG elle-même sur certains projets, et les Autoroutes du Maroc, présentent encore des parts climatiques inférieures à 25%, révélant un potentiel important pour intégrer davantage les enjeux environnementaux dès la conception des investissements.
L’étude repose sur la méthodologie des marqueurs Rio de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), permettant de qualifier chaque projet selon sa contribution à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre ou à l’adaptation aux effets du changement climatique. Elle constitue également le prélude à la mise en place d’un système national intégré de suivi de la finance climat, répondant aux exigences de transparence de l’Accord de Paris et renforçant la crédibilité du Maroc sur la scène internationale.
Dans cette même logique, l’Agence nationale de gestion des participations de l’État (ANGSPE) a lancé, depuis octobre 2024, une démarche de responsabilité sociétale structurée autour de trois volets : l’évaluation des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), la création d’instances de pilotage internes et le déploiement opérationnel des engagements via la formation et le suivi des performances. Cette initiative illustre la volonté des acteurs publics marocains d’inscrire la performance climatique au cœur des stratégies d’investissement et de construire un modèle de développement plus durable, inclusif et résilient.
Le ministère des Finances encourage désormais l’extension de ce chiffrage à l’ensemble des établissements publics afin d’harmoniser les pratiques, améliorer la comparabilité des données et favoriser l’accès à de nouveaux financements internationaux. L’objectif affiché est clair : positionner le Maroc comme un acteur crédible et transparent dans les négociations climatiques mondiales, tout en consolidant la transition verte du pays et la soutenabilité de ses finances publiques.


