La télévision d’État iranienne a annoncé lundi soir une nouvelle salve de missiles sur Israël, au quatrième jour d’une escalade militaire entre l’Iran et Israël, son ennemi juré.
“Une nouvelle salve de missiles contre les territoires occupés débute”, a indiqué la télévision, en référence à Israël, État non reconnu par le pouvoir iranien.
L’escalade actuelle a été déclenchée par une série de frappes israéliennes ciblant des infrastructures militaires iraniennes, présentées comme des tentatives de freiner les ambitions nucléaires de Téhéran. L’armée israélienne a affirmé avoir neutralisé un tiers des plateformes de lancement de missiles sol-sol iraniennes. Plus tôt dans la journée, la population de certains quartiers du nord-est de Téhéran avait été priée d’évacuer face à la menace de nouvelles attaques aériennes. L’une d’elles a directement visé le bâtiment de la télévision d’État.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé ces bombardements, les qualifiant de « crimes de guerre » et a sollicité une intervention rapide du Conseil de sécurité des Nations unies. Par ailleurs, des frappes israéliennes ont également causé d’importants dégâts à l’hôpital Farabi, situé à Kermanshah, à l’ouest du pays, selon les médias locaux.
Face à la montée des violences, de nombreux habitants de Téhéran ont entrepris de quitter la capitale, comme en témoignent plusieurs vidéos relayées sur les réseaux sociaux. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a précisé que le complexe nucléaire de Natanz, situé au centre du pays, n’avait pas subi de dommages significatifs sur ses installations souterraines, malgré les déclarations israéliennes affirmant le contraire.
Du côté iranien, les autorités revendiquent avoir atteint plusieurs villes israéliennes grâce à leurs frappes de missiles, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu que ces opérations se poursuivraient jusqu’à la cessation des attaques israéliennes. Lundi soir, l’armée israélienne a confirmé la détection de nouveaux projectiles en provenance d’Iran visant le nord d’Israël. Le président iranien Massoud Pezeshkian a pour sa part qualifié les actions israéliennes de « crimes génocidaires » et appelé à une riposte énergique.
Dans ce climat extrêmement tendu, un responsable américain a confié anonymement à l’AFP que le président Donald Trump avait récemment opposé son veto à un plan israélien visant l’élimination de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique. Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a toutefois laissé entendre, dans une interview accordée à ABC, que cette option restait envisageable. Le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part estimé qu’une simple intervention de Washington pourrait suffire à tempérer les velléités de Netanyahou et relancer un processus diplomatique.


