La lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi se trouve dans un état critique après une hospitalisation d’urgence survenue le week-end dernier en Iran, où elle est détenue depuis décembre. Selon ses soutiens, la militante est désormais « entre la vie et la mort », après une dégradation rapide de son état de santé qui fait craindre une issue fatale.
Âgée de 54 ans, elle a été transférée début mai depuis la prison de Zanjan vers un hôpital de la région, à la suite de plusieurs incidents graves, dont des pertes de connaissance et une crise cardiaque. Cette détérioration intervient dans un contexte médical déjà préoccupant, marqué par des problèmes de santé persistants aggravés par ses conditions de détention.
Au fil des mois, son état physique s’est fortement dégradé. Elle aurait perdu environ 20 kilos, éprouve des difficultés à s’exprimer et apparaît aujourd’hui très affaiblie. Ses proches demandent son transfert à Téhéran afin qu’elle puisse être prise en charge par son équipe médicale habituelle, une demande qui reste pour l’instant sans suite.
Arrêtée le 12 décembre à Mashhad après avoir critiqué les autorités religieuses lors d’une cérémonie funéraire, Narges Mohammadi a été condamnée en février à plusieurs années de prison pour atteinte à la sécurité nationale et propagande contre le régime. Son engagement de longue date contre la peine de mort et le port obligatoire du voile lui a valu de nombreuses incarcérations au cours des deux dernières décennies.
Son parcours militant a été salué à l’échelle internationale en 2023 par l’attribution du prix Nobel de la paix, alors qu’elle se trouvait déjà en détention. Son état de santé relance aujourd’hui les inquiétudes sur les conditions de détention des prisonniers politiques en Iran et ravive les appels à une mobilisation internationale face à l’urgence de la situation.


