Le référendum italien qui aurait pu assouplir les conditions d’accès à la nationalité pour les étrangers non européens, dont des milliers de Marocains, a échoué faute de participation suffisante. Moins d’un tiers des électeurs se sont rendus aux urnes, loin du seuil requis de 50 % pour valider les résultats.
Parmi les mesures soumises au vote figurait une proposition phare : réduire de dix à cinq ans le délai de résidence requis pour qu’un étranger, sans lien familial avec un citoyen italien, puisse demander la nationalité. Une réforme attendue par de nombreuses communautés, notamment marocaine, qui représente l’une des plus importantes diasporas en Italie.
Mais l’initiative, soutenue par des ONG et plusieurs partis de gauche, s’est heurtée à une campagne d’abstention orchestrée par le gouvernement de Giorgia Meloni. La cheffe du parti Fratelli d’Italia, connue pour ses positions anti-immigration, s’était clairement opposée à tout assouplissement des règles de naturalisation.
Dans le même temps, les électeurs étaient appelés à se prononcer sur l’abrogation de lois ayant libéralisé le marché du travail. Malgré un fort soutien dans les urnes, 85 % de « oui » aux questions sur les droits des travailleurs et 64 % à celle sur la naturalisation, l’abstention massive a vidé le scrutin de toute validité juridique.
Pour de nombreux Marocains installés en Italie, souvent confrontés à des démarches longues et complexes pour régulariser leur statut ou accéder à la citoyenneté, ce revers est vécu comme un coup d’arrêt à l’espoir d’une inclusion plus juste. Le référendum aurait pu ouvrir la voie à une reconnaissance plus rapide de leur contribution à la société italienne.
Le syndicat CGIL, à l’origine de l’initiative, dénonce une « crise démocratique » et promet de poursuivre le combat. Mais pour l’instant, la législation ne bouge pas, au grand désarroi d’une large partie des résidents étrangers, dont les Marocains, qui espéraient une avancée décisive vers une meilleure intégration.

