La société fintech Block supprime plus de 4 000 postes et assume ouvertement leur remplacement progressif par l’intelligence artificielle. Son fondateur et PDG, Jack Dorsey, affirme que cette décision ne répond à aucune urgence financière. L’entreprise, assure-t-il, est solide, rentable et en croissance. Mais l’essor des outils d’IA change radicalement la façon de concevoir et de piloter une organisation.
Avec cette restructuration, les effectifs du groupe passent de plus de 10 000 salariés à moins de 6 000. Une réduction massive, qui représente environ 40 % des équipes. Dans une note adressée aux employés et rendue publique, le dirigeant explique avoir préféré une coupe franche plutôt qu’une succession de vagues de licenciements. Selon lui, les réductions répétées minent le moral interne et fragilisent la confiance des partenaires et des investisseurs.
we’re making @blocks smaller today. here’s my note to the company.
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today we’re making one of the hardest decisions in the history of our company: we’re reducing our organization by nearly half, from over 10,000 people to just under 6,000. that means over 4,000 of you are…
— jack (@jack) February 26, 2026
Block, spécialisée dans les paiements numériques et les services financiers, mise désormais sur une organisation allégée et largement appuyée sur l’intelligence artificielle. Dorsey estime que les outils développés en interne permettent déjà à des équipes plus restreintes de produire davantage, plus rapidement et avec une meilleure efficacité opérationnelle. Cette transformation, affirme-t-il, n’est pas une projection à long terme : elle est déjà à l’œuvre dans les processus quotidiens du groupe.
Les salariés concernés bénéficieront d’un dispositif d’accompagnement détaillé : vingt semaines de salaire, auxquelles s’ajoute une semaine par année d’ancienneté, la poursuite de l’acquisition d’actions pendant plusieurs mois, six mois de couverture santé et, pour les employés basés aux États-Unis, une indemnité complémentaire de 5 000 dollars. Les autres recevront un montant ajusté selon les règles locales. L’accès aux outils internes a toutefois été coupé rapidement, signe d’une exécution sans délai.
Sur le plan financier, Block affiche pourtant des indicateurs au vert. Pour le premier trimestre, l’entreprise prévoit un bénéfice brut de 2,80 milliards de dollars, en hausse de 22 % sur un an. Les marchés ont accueilli favorablement l’annonce : l’action du groupe a progressé de 25 % après la clôture. Un signal fort, qui montre que les investisseurs interprètent cette restructuration comme un pari stratégique plutôt qu’un aveu de faiblesse.
Le mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large au sein de la tech mondiale. Des géants comme Amazon, Meta, Microsoft ou Verizon ont eux aussi réduit leurs effectifs ces dernières années, dans des contextes où l’automatisation et l’IA jouent un rôle croissant. Mais la communication de Jack Dorsey tranche par sa franchise : il considère que la plupart des entreprises devront suivre la même trajectoire, tôt ou tard.

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Fondateur de Twitter et ancien dirigeant du réseau social jusqu’à son rachat par Elon Musk, Dorsey défend une approche qu’il qualifie d’honnête et assumée. Pour lui, attendre que la pression extérieure impose ces choix serait plus risqué que d’agir de manière anticipée.
Ces 4 000 suppressions de postes marquent un tournant. Au-delà du cas de Block, elles illustrent une mutation profonde du modèle d’entreprise à l’ère de l’intelligence artificielle. La question n’est plus de savoir si l’IA transformera l’organisation du travail, mais à quelle vitesse et avec quelle ampleur.

