Dans un élan de solidarité concrète avec le Maroc rural, le Japon a officialisé, les 11 et 12 juin derniers, le financement de trois projets de développement dans les provinces d’Errachidia et de Tinghir. À travers son programme de micro-financement KUSANONE, l’ambassade nippone a mobilisé un montant de 1,57 million de dirhams en faveur d’initiatives destinées à améliorer l’accès à l’eau potable et à renforcer les capacités d’irrigation dans des zones confrontées à un stress hydrique aigu.
Les cérémonies de remise ont eu lieu en présence de l’ambassadeur du Japon, Nakata Masahiro, des représentants des autorités locales et des membres des associations partenaires. Ces projets visent à améliorer directement la vie quotidienne de plus de 11.000 personnes, réparties sur plusieurs communes rurales.
Dans la commune de M’daghra (province d’Errachidia), la coopérative agricole Aljid a vu l’aboutissement de son projet d’aménagement d’une séguia traditionnelle, désormais en béton, sur près d’un kilomètre. L’infrastructure bénéficiera à environ 2.300 habitants et favorisera une gestion plus rationnelle de l’eau d’irrigation. Une transformation essentielle pour des familles qui dépendent majoritairement de l’agriculture de subsistance dans une région où la sécheresse fragilise année après année les rendements.
À Taghzout Nait Atta, dans la province de Tinghir, l’Association Bougafer pour l’agriculture, l’environnement et le développement durable a mis en place un système d’irrigation novateur basé sur l’énergie solaire et un bassin de rétention. Ce dispositif moderne permettra de mieux répartir les ressources hydriques tout au long de l’année et d’en atténuer le gaspillage. Quelque 3.800 personnes profiteront de cette avancée technologique adaptée aux contraintes locales.
Le troisième projet, toujours à Tinghir, se distingue par sa portée sociale. Dans le douar Ouaklim, l’Association Azag de l’eau potable a mis en service une solution d’approvisionnement durable en eau potable. Près de 5.000 habitants, souvent contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour remplir quelques bidons, verront leur quotidien transformé. En supprimant cette corvée — encore souvent dévolue aux femmes et aux enfants — l’initiative participe aussi à une réorganisation des rôles au sein des foyers et à une forme de justice sociale silencieuse.
Ces trois réalisations ne sont pas des gestes isolés. Depuis son lancement en 1989, le programme japonais KUSANONE a déjà soutenu 374 projets à travers le Maroc, pour un engagement global dépassant les 180 millions de dirhams. En plaçant la sécurité humaine au cœur de ses priorités, le Japon réaffirme son attachement à un partenariat de proximité, utile et respectueux des spécificités locales.
Alors que le Maroc affronte des défis climatiques de plus en plus pressants, ce type de coopération offre des solutions concrètes, à échelle humaine, là où les besoins sont les plus criants. Et surtout, il renforce les capacités locales dans une logique de résilience durable, loin des modèles importés, en s’appuyant sur les savoir-faire communautaires.

