Plusieurs centaines d’opposants aux Jeux olympiques d’hiver 2026 ont manifesté dimanche 22 février à Vérone, quelques heures avant la cérémonie de clôture organisée dans les emblématiques Arènes de Vérone. Rassemblés à environ 500 mètres du site, les protestataires ont été contenus par un important dispositif policier, le centre-ville ayant été bouclé en raison de la présence annoncée de nombreux chefs d’État. Leur mot d’ordre, peint sur la chaussée, « 5 anneaux, 1 000 dettes », résume une contestation axée sur le coût financier et l’impact environnemental des Jeux olympiques d’hiver de 2026.
La mobilisation, sans être massive, a accompagné la fin des Jeux de Milan et Cortina d’Ampezzo d’une tonalité critique. Les manifestants dénoncent une facture globale dépassant 5,2 milliards d’euros, dont 3,5 milliards consacrés aux infrastructures et 1,7 milliard à l’organisation. Si l’évaluation précise de l’impact sur les finances publiques reste à affiner, la question du poids pour les contribuables italiens s’est imposée dans le débat public.
Au fil du rassemblement, les slogans exprimaient une double contestation, économique et politique. Des pancartes « Olympiades, non merci ! » ont été brandies aux abords du centre historique, tandis que certains messages visaient la participation d’Israël dans un contexte international tendu. À proximité, des spectateurs venus assister à la cérémonie arboraient les couleurs de leurs délégations, illustrant le contraste entre l’élan festif des Jeux et la critique sociale.
Les opposants estiment que les milliards engagés pour des infrastructures jugées surdimensionnées auraient pu être orientés vers la santé ou l’éducation. L’héritage annoncé par les autorités, fondé sur l’attractivité internationale et les retombées touristiques, ne convainc pas l’ensemble de la population mobilisée.
La piste de bobsleigh de Cortina d’Ampezzo concentre une partie des reproches. Construite pour un montant estimé à 120 millions d’euros, elle est perçue par ses détracteurs comme un équipement coûteux dont l’utilité à long terme interroge. Des militants écologistes, notamment issus du mouvement Extinction Rebellion, dénoncent également les atteintes portées aux écosystèmes alpins et réclament davantage de transparence sur la durabilité des grands événements sportifs.
Pour la troisième fois de son histoire, l’Italie accueillait les Jeux olympiques d’hiver. Les autorités défendent un investissement stratégique destiné à moderniser certaines infrastructures et à renforcer le rayonnement du pays. Les critiques redoutent toutefois que les promesses de croissance et d’emplois ne laissent place, à terme, à une charge durable pour les finances publiques.
Alors que la cérémonie de clôture s’achevait dans les Arènes de Vérone, la controverse sur l’héritage économique et environnemental de Milan Cortina 2026 demeurait vive. Au-delà des performances sportives, la question de l’équilibre entre prestige international et responsabilité budgétaire reste posée.


