L’Italie voit sa gastronomie élevée au rang de patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’Unesco. L’organisation des Nations unies, déjà attentive à certaines spécialités nationales comme la pizza, a cette fois élargi sa reconnaissance à l’ensemble des pratiques culinaires italiennes, de leur transmission aux traditions qui les accompagnent. L’annonce a été faite mercredi lors d’une réunion de l’assemblée générale de l’agence culturelle à Delhi, en Inde.
Pour la Première ministre Giorgia Meloni, ce classement n’est pas seulement symbolique. « Pour nous, Italiens, la cuisine n’est pas seulement un ensemble de recettes ou un simple repas. Elle incarne la culture, la tradition, le travail et la richesse », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle central de la gastronomie dans l’identité nationale. Pour des millions d’amateurs, de Sicile à la Calabre, cette reconnaissance confirme ce que beaucoup pensaient déjà : l’Italie demeure une référence mondiale de saveurs et de savoir-faire culinaire.
L’Unesco décrit la cuisine italienne comme un lien social majeur, pratiqué au quotidien, à la maison, à l’école, mais aussi lors de festivals, cérémonies et rassemblements communautaires. Cette inscription rejoint une liste déjà riche de pratiques alimentaires reconnues mondialement, parmi lesquelles le koshary égyptien, le Washoku japonais, le repas gastronomique français ou la culture du petit-déjeuner en Malaisie.
En Italie, le classement a suscité un vif enthousiasme. Michelangelo Mammoliti, chef du restaurant La Rei Natura en Piémont, seul nouvel établissement trois étoiles dans le Guide Michelin 2026, confie sa fierté : « Notre cuisine régionale influence profondément la culture et les traditions locales. C’est une immense fierté personnelle et professionnelle ».
Le secteur industriel et politique italien espère également un impact concret sur le tourisme, déjà florissant avec 80 millions de visiteurs étrangers par an. Luigi Scordamaglia, directeur général de Filiera Italia, qui regroupe les entreprises de la filière agroalimentaire et viticole, voit dans cette distinction un succès collectif pour le « Made in Italy ». Il souligne aussi le rôle de la cuisine italienne et du régime méditerranéen dans la promotion de la santé, fondée sur l’équilibre et la variété des aliments.
Cette nouvelle reconnaissance s’inscrit dans un ensemble plus large d’inscriptions récentes au patrimoine culturel immatériel : la culture des piscines en Islande, la musique et danse Son à Cuba, l’art de jouer et de fabriquer la lahuta en Albanie, ainsi que le caftan marocain, récemment inscrit comme un art vivant symbolisant l’identité et le savoir-faire séculaire du Royaume, illustrant la richesse et la diversité des pratiques culturelles valorisées à l’échelle mondiale.

