Le gouvernement allemand a annoncé vendredi l’évacuation temporaire de son personnel diplomatique de son ambassade à Niamey, au Niger, en raison de la détérioration continue de la situation sécuritaire dans le pays.
« Compte tenu des risques actuels, notre personnel a été transféré hors du Niger et ne peut plus assurer d’assistance consulaire », a indiqué le ministère allemand des Affaires étrangères sur son site officiel.
Cette décision fait suite à un contexte marqué par une instabilité politique persistante depuis le coup d’État de juillet 2023, qui a porté la junte militaire au pouvoir. Le Niger est également confronté à une menace djihadiste persistante, avec la présence de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, actifs depuis plus de dix ans dans la région du Sahel. Selon le ministère, les ressortissants occidentaux sont désormais considérés comme des cibles privilégiées pour les enlèvements et les attaques terroristes.
Cette mesure allemande intervient quelques mois après celle des États-Unis, qui avaient ordonné en janvier le départ de leur personnel non essentiel pour des raisons similaires. Le contexte régional reste fragile, avec des tensions accrues et une intensification des activités des groupes armés dans plusieurs pays voisins, dont le Mali, le Burkina Faso et le Tchad.
Selon le dernier Global Terrorism Index 2025 publié par l’Institute for Economics and Peace (Australie), le Sahel a concentré près de la moitié des 5.600 décès liés au terrorisme dans le monde l’an dernier, confirmant la gravité de la menace. Les analystes soulignent que l’instabilité politique et le manque de capacités étatiques renforcent la vulnérabilité de la région face à la radicalisation et aux attaques transfrontalières.
D’autres pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, ont également renforcé leurs mesures de sécurité pour leurs diplomates et leurs ressortissants dans la région. Cette dynamique reflète l’urgence d’une approche internationale coordonnée pour contenir les menaces terroristes tout en soutenant la stabilisation politique du Sahel.

