Symbole du patrimoine naturel marocain et pilier d’une filière agricole stratégique, l’arganier vient de franchir une nouvelle étape scientifique. Des chercheurs internationaux ont réussi à établir le premier génome de référence complet de cet arbre emblématique du Maroc, une découverte publiée dans la revue scientifique internationale Scientific Data, une publication du groupe Nature.
Selon une dépêche de l’agence espagnole EFE, une équipe internationale de chercheurs est parvenue à séquencer pour la première fois le génome de référence de l’arganier (Argania spinosa), une espèce endémique du Maroc. Cette avancée scientifique, publiée dans la revue Nature, ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension génétique, la préservation et l’amélioration de cet arbre emblématique du Royaume.
Le projet a mobilisé plusieurs institutions scientifiques internationales et marocaines, parmi lesquelles l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) du Maroc, l’Université Mohammed V de Rabat, le Centre international pour l’agriculture biosaline de Dubaï, l’Université Texas Tech ainsi que l’ICARDA (Centre international de recherche agricole dans les zones arides).
Le génome analysé provient d’un arganier baptisé « TAGUERTE (S7P2) », prélevé dans la province de Tiznit, au sud du Maroc, au cœur de l’aire naturelle de l’arganeraie.
Pour mener à bien cette cartographie génétique, les chercheurs ont eu recours à plusieurs technologies de pointe. La technique PacBio HiFi a permis de séquencer l’ADN en fragments longs avec une précision atteignant 99,9 %, facilitant une lecture très fine des séquences génétiques. La méthode Hi-C a permis d’analyser l’organisation tridimensionnelle des chromosomes, tandis que la technologie RNA-seq a servi à étudier l’expression des gènes dans différentes parties de l’arbre, notamment les feuilles, les racines et les graines.
Au-delà de l’intérêt scientifique, cette avancée revêt une importance particulière pour le Maroc. L’arganier est le seul représentant de la famille des Sapotacées en Afrique du Nord et constitue un élément central des écosystèmes du Haut Atlas et de l’Anti-Atlas. L’arganeraie marocaine est d’ailleurs classée Réserve de biosphère par l’UNESCO, en raison de son rôle écologique et socio-économique majeur.
La connaissance approfondie du génome de l’arganier pourrait permettre à terme d’améliorer la résistance de l’arbre face aux changements climatiques, d’optimiser sa culture et de renforcer la valorisation de ses produits, notamment l’huile d’argan, devenue l’un des produits agricoles les plus emblématiques du Maroc.
Cette recherche s’inscrit également dans les objectifs du programme agricole national « Génération Verte 2020-2030 », qui ambitionne de renforcer la filière argan et d’accroître la production d’huile tout en préservant durablement cet héritage naturel unique.



