C’est à Rabat, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que s’est ouverte la troisième édition de la Journée nationale de l’industrie, consacrée à la montée en puissance du Made in Morocco. L’événement a rassemblé lundi les principaux acteurs économiques du pays – gouvernement, secteur privé et investisseurs – autour d’une ambition claire : consolider la souveraineté industrielle du Royaume et hisser son label national parmi les plus compétitifs au monde. Plus qu’une célébration des réussites passées, cette rencontre a marqué une étape décisive dans la trajectoire industrielle du Maroc, tournée vers la qualité, la durabilité et l’innovation.
Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a dressé un tableau éloquent de cette dynamique. En 2024, la valeur ajoutée industrielle a progressé de 3,3 %, tandis que les exportations industrielles ont atteint 389 milliards de dirhams, représentant 87 % des exportations totales du Royaume. Ces performances traduisent la solidité d’un secteur qui attire désormais plus de 35 % des investissements directs étrangers, confirmant la place du Maroc comme plateforme industrielle compétitive et hub régional de production à haute valeur technologique.
Pour Aziz Akhannouch, cette ascension n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’une vision royale constante. Sous l’impulsion du Souverain, le pays a bâti une infrastructure industrielle moderne : le complexe portuaire Tanger Med, plus de 1 600 km d’autoroutes, la création de 150 zones industrielles et la mobilisation de 40 000 hectares de foncier dédiés. Ces efforts ont permis l’émergence de pôles performants dans les secteurs automobile, aéronautique, pharmaceutique et bientôt électrique, incarnant un modèle d’intégration réussie dans les chaînes mondiales de valeur.
L’automobile reste le fleuron de cette réussite : premier secteur exportateur du pays, il représente environ 40 % des exportations industrielles nationales et près d’un quart des emplois industriels. Le Maroc s’impose désormais comme premier producteur de voitures particulières en Afrique et premier exportateur vers l’Union européenne pour les véhicules thermiques. Parallèlement, le Royaume mise sur la mobilité électrique, en construisant une chaîne de valeur intégrée allant des matières premières à l’assemblage des batteries. Ces investissements confirment la confiance des partenaires internationaux et ouvrent la voie à un repositionnement stratégique dans l’industrie verte mondiale.
L’aéronautique, autre pilier du Made in Morocco, connaît une progression spectaculaire, avec plus de 150 entreprises opérant dans le secteur et une croissance à l’exportation de 61 % depuis 2021. Le complexe de moteurs d’avions inauguré à Casablanca illustre cette avancée, renforçant la position du Maroc dans les technologies de pointe. L’industrie pharmaceutique n’est pas en reste : la mise en place d’une unité dédiée à la fabrication de vaccins et le lancement d’un partenariat pour la production de matières premières consolident la souveraineté sanitaire nationale et font du Royaume un hub régional de biotechnologie.
Pour Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, le futur du Made in Morocco s’écrit autour de trois piliers : la souveraineté, l’innovation et le capital humain. La transition numérique constitue, selon lui, une opportunité majeure comparable à la révolution de l’imprimerie. Loin d’être une menace, elle représente un levier de compétitivité et d’amélioration de la production. Le ministre a insisté sur la requalification des compétences, cœur de cette mutation, et sur la formation professionnelle comme fondement du Maroc industriel de demain.
Cette vision est largement partagée par le secteur privé. Le président de la CGEM, Chakib Alj, a salué les avancées issues de la Vision Royale tout en soulignant les défis à surmonter. Il a rappelé la nécessité d’un accès facilité au financement industriel, condition indispensable à la pérennité des projets, et plaidé pour des mécanismes bancaires plus souples et innovants. Autre frein pointé : la lourdeur administrative, qui décourage encore de nombreux investisseurs. Chakib Alj a appelé à une simplification ambitieuse des procédures pour que les entrepreneurs puissent concentrer leurs efforts sur la création de valeur plutôt que sur la bureaucratie.
Le secteur privé met aussi l’accent sur la transition énergétique, un axe stratégique que le gouvernement entend accélérer à travers l’hydrogène vert et la production décarbonée, dans le cadre de l’initiative « Offre Maroc ». Cette orientation permettra non seulement d’améliorer la compétitivité du tissu industriel national, mais aussi d’attirer les acteurs mondiaux à la recherche de chaînes d’approvisionnement plus durables.
Sur le plan international, le Maroc s’est hissé à la 12e place mondiale en matière de production industrielle à contenu technologique moyen et élevé, selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Ce classement, le meilleur depuis cinq ans, reflète la montée en puissance du pays sur l’échiquier industriel mondial.
Le gouvernement poursuit également la mise en œuvre du programme « Banque de projets industriels », qui a généré plus de 1 900 projets portés par des investisseurs marocains, ainsi qu’un programme national de recherche et d’innovation ayant financé 160 projets depuis 2023, pour un investissement global de 852 millions de dirhams. Ces initiatives traduisent la volonté de renforcer la souveraineté industrielle, de créer de l’emploi qualifié et de consolider la position du Royaume comme destination industrielle compétitive et fiable.
Cette troisième édition de la Journée nationale de l’industrie a donc confirmé une conviction commune : le Made in Morocco n’est plus un simple label, mais un symbole de confiance, de compétence et d’avenir. En fédérant les énergies publiques et privées, le Maroc trace les contours d’une puissance industrielle émergente, prête à inscrire durablement son empreinte dans l’économie mondiale du XXIe siècle.

