Le Maroc a pris la coprésidence, aux côtés de la Türkiye, du Forum de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) consacré aux minéraux critiques, dont les travaux se sont ouverts mardi à Istanbul. Le Royaume est représenté à ce rendez-vous international par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.
Organisé sur deux jours, le Forum réunit responsables gouvernementaux, experts internationaux de l’OCDE et acteurs du secteur privé autour d’un enjeu devenu central pour les économies mondiales : la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques. Placé sous le thème « mobiliser les investissements et la croissance grâce aux partenariats », l’événement intervient dans un contexte de forte pression sur les ressources stratégiques liées à la transition énergétique et à la transformation industrielle.
Lithium, cobalt, nickel ou encore terres rares figurent au cœur des discussions, alors que la demande mondiale explose sous l’effet du développement des batteries électriques, des énergies renouvelables et de l’électrification des industries. Les participants débattent des mécanismes permettant de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, de diversifier les sources d’approvisionnement et d’encourager une industrialisation plus équilibrée.
La coprésidence confiée au Maroc s’inscrit dans la reconnaissance de son rôle croissant au sein des discussions internationales sur les minéraux stratégiques, malgré son statut de non-membre de l’OCDE. Une position qui illustre, selon plusieurs intervenants, l’implication du Royaume dans les enjeux liés à la sécurité énergétique et à la structuration des chaînes de valeur industrielles mondiales.
Dans une déclaration à la MAP, Leila Benali a insisté sur la portée politique et économique de cette coprésidence, estimant qu’elle reflète la capacité du Maroc à contribuer activement aux réflexions globales sur les minéraux critiques. Elle a également rappelé que ce Forum se tient dans un environnement marqué par la volatilité des marchés de l’énergie et des métaux stratégiques, une instabilité qui freine les investissements durables dans les filières de production.
La ministre a, par ailleurs, mis en avant la « Déclaration de Marrakech », issue du 2e Congrès international sur l’exploitation minière (International Mining Congress Maroc 2025), tenu en novembre 2025. Ce texte a posé les bases d’un cadre africain commun en matière de normes environnementales, de responsabilité sociale et de gouvernance dans le secteur minier. Les pays africains y ont exprimé leur volonté de développer leurs propres standards afin de mieux attirer des financements durables et garantir une redistribution plus équitable des retombées de l’activité extractive.
Dans cette dynamique, Rabat défend une approche axée sur la transparence et l’équité dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le Royaume appelle notamment les pays de l’OCDE à réduire les barrières commerciales et à limiter les tensions géopolitiques qui accentuent la volatilité des prix et fragilisent les investissements dans les filières stratégiques.
La séance d’ouverture du Forum a été marquée par la présence du secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, aux côtés du ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, et du ministre turc du Commerce, Ömer Bolat. Plusieurs délégations gouvernementales participent également à ces travaux.
Les discussions s’articulent autour de sessions ministérielles et de dialogues régionaux consacrés aux investissements, à la création de valeur ajoutée locale et à la mobilisation de financements dans les chaînes de production des minéraux stratégiques. Le deuxième jour sera consacré à des thématiques plus techniques, notamment la sécurité économique, la compétitivité commerciale, l’économie circulaire, la traçabilité et les pratiques responsables dans le secteur.
Au-delà des échanges techniques, le Forum de l’OCDE sur les minéraux critiques s’impose comme une plateforme stratégique au moment où les chaînes industrielles mondiales se redéfinissent autour des enjeux de transition énergétique et de souveraineté économique.

