Le Maroc confirme une reprise solide de son secteur des transports, une dynamique qui s’est imposée progressivement entre 2022 et 2025 pour dépasser, dans plusieurs domaines, les niveaux observés avant la crise du Covid-19. Devant les conseillers parlementaires réunis à Rabat, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a présenté des indicateurs qui traduisent une évolution continue et une capacité opérationnelle renforcée, plaçant la mobilité nationale au cœur des transformations économiques du pays.
Ce redressement s’illustre d’abord par la faculté du système national à absorber les flux importants observés lors des périodes de forte affluence, notamment l’Aïd Al-Adha, les congés estivaux et l’opération Marhaba, moments où les déplacements se multiplient et sollicitent l’ensemble des réseaux. Les performances enregistrées témoignent d’un appareil de transport devenu plus réactif, plus homogène et plus apte à assurer la mobilité des citoyens comme l’acheminement des marchandises, notamment les produits de première nécessité, un rôle déterminant pour la stabilité du marché intérieur.
La reprise touche chacun des grands modes de transport. Sur le rail, l’ONCF bénéficie d’un véritable élan, porté par l’amélioration du réseau et la montée en gamme des services. Les trains ont transporté plus de 55 millions de voyageurs en 2024, contre 45,9 millions deux ans plus tôt, tandis que le fret ferroviaire a atteint 21 millions de tonnes. La consolidation de cette performance technique et financière conforte le Maroc dans son statut de référence continentale en matière d’infrastructures ferroviaires.
Dans le ciel, le trafic aérien poursuit sa trajectoire ascendante. Les aéroports du Royaume ont accueilli 32,6 millions de passagers en 2024, un seuil inédit qui illustre l’attractivité touristique et économique du Maroc. Cette progression résulte d’ajustements opérationnels, d’un renforcement des mesures de facilitation et d’une stratégie ciblée visant à soutenir la reprise internationale.
L’opération Marhaba 2025, organisée du 5 juin au 10 septembre, a pour sa part connu une hausse notable : 3,19 millions de voyageurs et 738.000 véhicules ont traversé les frontières dans les deux sens, soit une croissance de 7 % et 6 % par rapport à l’édition précédente. Ces chiffres marquent l’impact des investissements consacrés à l’accueil des Marocains résidant à l’étranger et à l’amélioration des services mis à leur disposition.
Sur mer, la tendance est également au renforcement. Le trafic portuaire de marchandises est passé de 192,1 millions de tonnes en 2021 à 241,2 millions en 2024, soit une hausse proche de 25 %. Cette progression démontre la solidité des chaînes logistiques maritimes et leur capacité à suivre le rythme des échanges internationaux, dans un contexte où le commerce mondial reste exigeant et fluctuant. Les ports marocains, grâce à cette évolution, confirment leur rôle de plateformes incontournables dans le transit des matières premières et des produits transformés.
La route, quant à elle, demeure l’un des piliers de la mobilité quotidienne. Le secteur bénéficie d’une amélioration du cadre de formation des conducteurs, avec l’agrément de nouveaux centres spécialisés, et d’une organisation renforcée pour répondre aux pics de demande. Les autorisations exceptionnelles délivrées lors des grandes fêtes religieuses ont contribué à fluidifier les déplacements et à garantir la qualité de service, un point crucial pour les usagers les plus dépendants de ce mode de transport.
Les établissements et entreprises publics opérant dans les transports et la logistique affichent une santé financière bien meilleure qu’il y a quelques années. Cette évolution reflète l’impact des réformes menées pour redynamiser le secteur, réduire les déséquilibres et améliorer sa compétitivité globale.
Les conseillers parlementaires ont salué cette dynamique nouvelle, rappelant le rôle stratégique du secteur dans l’économie, le commerce extérieur, l’équilibre social et l’aménagement du territoire. Ils ont également insisté sur la nécessité d’accélérer la modernisation de la logistique, un maillon essentiel qui conditionne la compétitivité du Maroc et son ambition de s’inscrire durablement dans les chaînes de valeur internationales. Le chantier reste vaste, mais la trajectoire affichée entre 2022 et 2025 montre un appareil en mouvement, prêt à franchir une nouvelle étape de structuration.

