Les établissements touristiques marocains vont bientôt faire face à un contrôle inédit : des clients pas tout à fait comme les autres. Le ministère du Tourisme prévoit en effet de déployer, dans les prochains mois, un système d’évaluations surprises menées par des “visiteurs mystère”, dans le cadre d’un nouveau dispositif de contrôle qualité. C’est ce que révèle le média Medias24.
L’idée est simple : vérifier, de façon anonyme et sans préavis, si les prestations offertes par les hôtels, notamment ceux affichant trois étoiles et plus sont conformes aux standards annoncés. Une manière de confronter la promesse à la réalité du terrain.
Pas de sanction immédiate, mais une alerte en cas d’insatisfaction : les rapports de ces clients incognito serviront à alerter les établissements où des manquements sont constatés. Ceux-ci auront ensuite droit à une seconde, voire une troisième chance, avant toute décision officielle.
Pour la phase initiale, le ministère fera appel à des spécialistes internationaux en audit hôtelier. Mais dès 2027, des équipes marocaines formées à cet effet prendront le relais, dans une logique de partage des responsabilités à parts égales.
Ce dispositif s’appuie sur une récente évolution législative. La loi 80.14, adoptée par le Parlement et publiée au Bulletin officiel le 27 mai dernier, prévoit une modernisation globale de la gestion et de l’évaluation des structures d’hébergement, qu’elles soient classées ou non.
Un projet qui ne fait pas l’unanimité dans le secteur. Certains professionnels jugent injuste qu’un seul passage surprise puisse influer sur le sort d’un établissement. Ils suggèrent l’introduction d’une première visite “à blanc”, pour permettre aux structures concernées d’ajuster leur service avant le verdict.
Autre point de crispation : l’absence des plateformes comme Airbnb dans le champ d’application de la loi. Or, ces offres de logement représentent une part croissante des nuitées touristiques au Maroc. Plusieurs acteurs réclament un cadre juridique adapté qui leur permettrait d’être officiellement classés, de payer leurs taxes locales et de bénéficier des mêmes droits que les hôtels.

