La campagne exceptionnelle de régularisation des étrangers en situation irrégulière en Espagne suscite une forte mobilisation, notamment parmi les ressortissants marocains. D’après les données publiées par la Fondation pour la citoyenneté mondiale, les Marocains représentent actuellement 14 % des demandes enregistrées, ce qui les place au deuxième rang des nationalités les plus représentées, derrière les Colombiens (30 %) et devant les Vénézuéliens (10 %).
Ouverte à la mi-avril et clôturée ce 30 juin, cette opération pourrait atteindre un volume proche d’un million de dossiers, bien au-delà des projections initiales des autorités espagnoles. Les personnes remplissant les conditions fixées par le gouvernement pourront obtenir un permis de séjour et de travail d’une durée d’un an, leur permettant de sortir de la précarité administrative et d’accéder plus facilement au marché de l’emploi.
La forte participation des Marocains reflète l’importance de la communauté marocaine installée en Espagne et l’intérêt suscité par cette mesure exceptionnelle. Elle confirme également que de nombreux ressortissants voient dans cette procédure une opportunité de régulariser leur situation après plusieurs mois de présence sur le territoire espagnol.
Pour être éligibles, les candidats doivent démontrer qu’ils résidaient déjà en Espagne avant le 1er janvier 2026 et justifier d’une présence continue d’au moins cinq mois. Ces critères visent à encadrer le dispositif tout en permettant aux personnes concernées d’accéder à un statut légal.
Les données disponibles dressent le portrait d’une population récemment installée. Près de 34 % des demandeurs vivent en Espagne depuis moins d’un an. Ils sont 27,8 % à y résider depuis une période comprise entre un et deux ans, tandis que 18,3 % déclarent une présence de deux à trois ans. Ces chiffres montrent que la campagne concerne en grande partie des migrants arrivés récemment dans le pays.
Le profil des candidats est également marqué par une forte proportion de jeunes adultes. Les personnes âgées de 26 à 35 ans représentent 35 % des demandes, ce qui en fait la tranche d’âge la plus importante. Les 18-25 ans constituent eux aussi une part significative des dossiers, avec près d’une demande sur cinq.
Au-delà des trois principales nationalités représentées, cette campagne rassemble des ressortissants de nombreuses autres régions du monde. Les Péruviens totalisent 8,5 % des demandes, les autres pays d’Amérique latine 19,4 %, tandis que les ressortissants du reste de l’Afrique représentent 8,1 %. Les candidats originaires d’Asie comptent pour 6,6 % des dossiers, contre 2 % pour les Européens et 1,6 % pour les Nord-Américains.
Par son ampleur et le nombre de dossiers attendus, cette régularisation exceptionnelle s’impose comme l’une des opérations les plus importantes jamais menées en Espagne en faveur des personnes en situation irrégulière. Les prochains mois permettront de mesurer son impact sur l’intégration de centaines de milliers de nouveaux résidents au sein de la société espagnole.


