Mardi 02 juin, le tribunal correctionnel de Paris a condamné le rappeur Booba à trois mois de prison avec sursis ainsi qu’à 30 000 euros d’amende pour cyberharcèlement et injure raciale envers une journaliste de France Télévisions.
Une plainte déposée après une vague de cyberharcèlement
La journaliste Linh-Lan Dao avait porté plainte en avril 2024, accusant le rappeur de l’avoir « jetée en pâture » à sa large communauté de plus de 6 millions d’abonnés sur le réseau social X.
Cette affaire fait suite à un article de fact-checking scientifique dans lequel la journaliste dénonçait une dérive complotiste attribuée à l’artiste dont les allégations ne reposaient sur aucune base scientifique.
En effet, l’artiste avait partagé en janvier 2024 sur son compte X, des propos établissant un lien entre les vaccins contre le Covid-19 et la maladie de Creutzfeldt-Jakob.
Des publications jugées malveillantes
Dans les heures suivant la publication de cette article, Booba aurait diffusé des messages visant directement la journaliste. Parmi eux, une proposition qualifiée de sexuellement déplacée par la justice, contribuant à alimenter une vague de harcèlement en ligne.
Le tribunal a estimé que ces publications comportaient une dimension sexiste et raciste, la réduisant à des stéréotypes jugés dégradants. De même, pour les magistrats, les messages du rappeur visaient à discréditer une journaliste dans l’exercice de ses fonctions et à la faire taire, en réaction à des conclusions contraires aux siennes. La juridiction a souligné que ce dernier devait connaitre l’impact que ses publications auraient auprès de sa communauté au vu de sa popularité.
Une condamnation financière et judicaire
Outre la peine de prison avec sursis et l’amende, Booba a été condamné à verser 4000 euros de dommages et intérêts à la partie civile.
Dans un autre dossier examiné le même jour, il a également été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale visant le chroniquer Tristan Mendès-France, après des messages sur X jugés porteurs de stéréotypes antisémites.
Malgré tout cela, l’avocate du rappeur dit faire appel des deux condamnations rendues par le Tribunal.

