Le rappeur Toto quitte le Maroc
Le rappeur marocain El Grande Toto refait parler de lui. Quelques heures après avoir été visé par une nouvelle plainte, l’artiste a annoncé son départ du Maroc et son arrivée à Paris. Sur ses réseaux sociaux, il a publié des stories où il affirme quitter le pays « jusqu’à ce que les choses se règlent », laissant entendre qu’il pourrait prendre des mesures plus radicales si la situation perdurait.
Cette décision intervient dans un climat de tensions grandissantes autour du rappeur, déjà coutumier des polémiques. Lors d’une récente prestation à Kénitra, ses propos et gestes jugés obscènes ont provoqué l’indignation d’une partie du public, composé de femmes, d’adolescents et d’enfants.
Dans un communiqué, l’Association Printemps du Cinéma dénonce une « violation des bonnes mœurs » et une « atteinte à la dignité des spectateurs », estimant que les organisateurs comme l’artiste portent une responsabilité directe dans ce qu’elle qualifie de « trouble à l’ordre public et à la sécurité morale ». Elle a saisi le ministère de la Justice ainsi que le Conseil national des droits de l’Homme, réclamant l’ouverture d’une enquête urgente et la mise en place de restrictions pour empêcher ce type de spectacles accessibles aux mineurs.
Des antécédents qui alimentent la polémique
Ce n’est pas la première fois que l’artiste se retrouve dans la tourmente. En juillet 2025, la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) avait reçu plus de 190 plaintes après la diffusion d’un de ses concerts sur la 2M. Les plaignants pointaient des scènes « contraires aux bonnes mœurs » et susceptibles d’avoir un impact négatif sur la jeunesse. À l’époque, la HACA s’était limitée à un avertissement adressé à la chaîne, invoquant la liberté artistique et la pluralité des expressions culturelles.
Un débat sur l’espace du rap
Cette nouvelle affaire ne fait que raviver le débat. Jusqu’où la liberté artistique peut-elle s’exercer dans l’espace public, surtout lorsque le public mêle adultes et mineurs ? Les associations réclament un encadrement plus strict, tandis que d’autres rappellent que le rap est par essence un art brut, parfois provocateur, et que chacun qui assiste à un concert de Toto sait à quoi s’attendre.
En attendant que la situation se clarifie, Toto a choisi de s’éloigner. Son installation provisoire à Paris traduit une volonté d’apaisement face à la controverse. Mais elle illustre aussi les tensions persistantes entre une jeunesse marocaine qui s’identifie à son rap et une partie de la société qui s’inquiète de ses excès.



