La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a pris part au forum international GlobSec 2026, organisé à Prague du 21 au 23 mai, où elle est intervenue lors d’un panel consacré aux tensions et recompositions des marchés mondiaux de l’énergie, intitulé « Shockwaves Across Energy Markets and the Race for Advantage ». Cette participation a permis de mettre en avant la vision stratégique du Royaume du Maroc en matière de transition énergétique, dans un contexte international marqué par la volatilité des approvisionnements et la montée des enjeux de souveraineté énergétique.
Devant un parterre d’experts et de responsables internationaux réunis à GlobSec 2026, la ministre a rappelé que la stratégie énergétique du Maroc, portée au plus haut niveau par Mohammed VI, repose sur un triptyque structurant : le développement massif des énergies renouvelables, la promotion de l’autoproduction électrique et le renforcement de l’efficacité énergétique. Une orientation qui vise à consolider l’indépendance énergétique du Royaume tout en accélérant la décarbonation de son économie.
Leila Benali a également insisté sur la dimension régionale de cette stratégie, soulignant l’importance des partenariats internationaux dans le renforcement de la sécurité énergétique. Elle a mis en avant la nécessité de structurer des coopérations capables de garantir une gestion responsable des détroits maritimes, conformément au droit international, dans un contexte où les routes énergétiques mondiales deviennent de plus en plus sensibles aux tensions géopolitiques.
Abordant les atouts économiques du Royaume, la ministre a mis en lumière le potentiel du secteur minier marocain, en particulier la position du pays comme acteur central dans les chaînes de valeur liées à l’énergie propre. Le Maroc, premier exportateur mondial de phosphates, occupe une place stratégique dans la production d’intrants essentiels aux technologies de transition énergétique, notamment dans les domaines des batteries et des engrais à faible empreinte carbone. Cette position confère au pays un rôle structurant dans les transformations industrielles liées à l’économie verte.
La responsable gouvernementale a également évoqué l’Initiative Afrique-Atlantique, présentée comme une vision intégrée visant à renforcer les interconnexions énergétiques entre l’Afrique et l’Europe. Ce projet ambitionne de favoriser la circulation de l’énergie, des investissements et des infrastructures à travers l’espace atlantique africain, tout en consolidant l’intégration régionale et la stabilité des échanges énergétiques.
Au-delà des aspects techniques et économiques, Leila Benali a insisté sur la dimension politique et diplomatique de la trajectoire marocaine. Selon elle, le Royaume s’affirme aujourd’hui comme un acteur crédible et un partenaire fiable, capable de contribuer activement aux équilibres énergétiques mondiaux. Cette position repose sur une approche fondée sur la coopération, la confiance mutuelle et le respect strict du droit international, dans un environnement global en pleine recomposition.
La participation du Maroc à ce forum s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large visant à renforcer son positionnement en tant que hub énergétique régional, reliant l’Afrique, l’Europe et l’espace atlantique. Elle confirme également la volonté du Royaume de jouer un rôle actif dans les débats internationaux sur la sécurité énergétique et la transition vers des modèles plus durables.
En clôture de son intervention, la ministre a réaffirmé que le Maroc entend poursuivre ses efforts pour conjuguer souveraineté énergétique, développement durable et intégration régionale, dans une logique de coopération équilibrée et de responsabilité partagée.


