Invitée de l’émission Al Massar sur LBCI, Leila Ghofran est sortie du silence avec une parole rare, lourde de sens et de douleur. L’artiste, figure majeure de la scène arabe et profondément attachée à ses racines marocaines, est revenue sur les épreuves qui ont bouleversé sa vie et éloigné durablement des projecteurs.
Au fil de l’entretien, la chanteuse a confié avoir traversé une période de grande détresse après la perte tragique de sa fille Hiba, assassinée en 2008. Une blessure irréversible qui l’a conduite, à plusieurs reprises, à vouloir mettre fin à ses jours. Elle explique aujourd’hui que ces tentatives n’ont jamais abouti, convaincue que Dieu en avait décidé autrement.
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Leila Ghofran affirme que cette épreuve l’a poussée à se rapprocher de la foi et à renoncer définitivement à toute idée de disparition. La raison de ce désir de mourir était, dit‑elle, exclusivement liée à l’absence insupportable de sa fille. Mais avec le temps, une certitude s’est imposée : celle de la retrouver un jour. Une conviction spirituelle qui lui a permis de tenir, puis de se relever.
Après s’être coupée du monde, s’être éloignée de son entourage et de la scène artistique, l’artiste dit avoir compris que la clé résidait dans sa propre volonté. Son retour annoncé dans le paysage artistique se veut aujourd’hui un acte symbolique, pensé comme un hommage à Hiba, qui croyait profondément en son talent et en sa voix.
Elle rappelle également que, même si justice a été rendue, rien ne peut apaiser le manque quotidien ni réparer l’absence. Une douleur silencieuse qui l’accompagne encore.
Dans un registre plus artistique, Leila Ghofran a exprimé son respect pour plusieurs figures féminines de la chanson arabe, tout en évoquant sans détour certaines blessures liées à l’exploitation médiatique de son drame personnel. Des épisodes qu’elle dit ne pas pouvoir oublier, malgré le temps qui passe.
Ce témoignage marque un tournant. Celui d’une femme qui n’efface pas la tragédie, mais choisit de continuer à vivre avec, portée par la foi, la mémoire et l’espoir de retrouvailles.

