Le Maroc continue de redessiner sa carte économique, et le classement Les 500 Global 2025 confirme une tendance nette : le cœur battant de la richesse nationale reste solidement ancré dans le Grand Casablanca, même si les autres régions gagnent du terrain. Selon cette 24e édition du baromètre publié par Économie Entreprises et Kompass Maroc, en partenariat avec Horizon Press, la métropole concentre à elle seule 72 % du chiffre d’affaires national, soit près de 740 milliards de dirhams, générés par 372 entreprises.
La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima consolide sa place de deuxième pôle économique avec 49 entreprises totalisant 155,9 milliards de dirhams, représentant 15 % du chiffre d’affaires global. Portée par son industrie automobile et son positionnement logistique, cette zone devient un modèle de diversification et de performance industrielle. Marrakech-Safi suit avec 83,8 milliards de dirhams et 25 entreprises, tandis que Souss-Massa se distingue par la vitalité de son tissu agro-industriel, fort de 20 entreprises cumulant 19,9 milliards de dirhams. En revanche, la région Rabat-Salé-Kénitra ferme la marche, avec 25 entreprises totalisant un peu plus de 7 milliards de dirhams.
Ce déséquilibre territorial persistant illustre la centralisation historique de la richesse autour de Casablanca, mais aussi la montée progressive de nouveaux pôles régionaux. Ces derniers témoignent d’une économie marocaine en pleine recomposition, cherchant à conjuguer croissance et rééquilibrage territorial.
Cette édition, placée sous le thème « Cap 2030 : entre croissance et performance », met en lumière la maturité d’un modèle économique marocain désormais inscrit dans la durée. Loin des cycles conjoncturels, le pays avance sur la base de fondamentaux solides : industrialisation accélérée, diversification des exportations, réformes structurelles et consolidation des infrastructures. Le Maroc ne se contente plus d’accumuler des chiffres, il bâtit une économie orientée vers la performance durable, où les entreprises conjuguent rentabilité, innovation et responsabilité sociale.
Au sommet du classement, OCP S.A. conserve sa position de locomotive nationale avec 96,9 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, symbole d’un capitalisme marocain tourné vers la durabilité et l’innovation. Derrière lui, Renault Maroc (63 MMDH) confirme la puissance du pôle automobile de Tanger, tandis que l’ONEE (42,5 MMDH), Maroc Telecom (36,7 MMDH) et Attijariwafa bank (34,5 MMDH) complètent le quinté de tête, reflet d’un équilibre entre industrie, énergie, finance et télécommunications.
Pour Hassan Alaoui, directeur de publication du groupe Économie Entreprises, le classement agit comme « un miroir et un révélateur », mettant en lumière les mutations profondes de l’économie nationale. Au fil des années, cette initiative s’est imposée comme une véritable institution, un repère pour les décideurs économiques et les investisseurs.
Les déclinaisons régionales des 500 Global apportent un éclairage précieux sur les dynamiques locales. À Casablanca-Settat, OCP, Attijariwafa bank et Afriquia SMDC confirment la suprématie économique de la métropole. Dans le Nord, Renault Maroc, l’Agence Spéciale Tanger Med et Aluminium du Maroc illustrent la réussite d’un territoire devenu plateforme logistique et industrielle mondiale. Plus au Sud, COPAG, Gazafric et le Comptoir Agricole du Souss traduisent la vitalité du modèle agro-industriel de Souss-Massa, tandis qu’à Marrakech-Safi et Fès-Meknès, la diversité du tissu productif, du tourisme à la logistique, renforce la dynamique régionale.
Les classements sectoriels confirment, eux aussi, la solidité du modèle marocain. Dans l’agroalimentaire, Cosumar, COPAG et Lesieur Cristal continuent de dominer un marché en pleine montée en gamme. Le secteur des assurances, porté par Wafa Assurance, CIMR et RMA, consolide la stabilité du système financier, tandis que le numérique, incarné par Maroc Telecom, Orange Maroc et Intelcia, devient un levier majeur de transformation économique.
Cette 24e édition des 500 Global ne se limite pas à un classement : elle s’inscrit dans une vision. La caravane régionale lancée en octobre à Tanger, puis à Agadir et Casablanca, incarne cette ambition de relier les territoires au cœur du débat économique. En réunissant décideurs publics, investisseurs et chefs d’entreprise, ces rencontres entendent renforcer la compétitivité régionale et encourager la montée en puissance des PME marocaines.
À l’horizon 2030, le Maroc mise sur la convergence de ses ambitions industrielles, énergétiques et sociales. La transition verte, la digitalisation des services et l’essor du Made in Morocco ne sont plus des slogans, mais les piliers d’un modèle économique en train de se consolider. Au fond, les 500 Global 2025 rappellent qu’au-delà des chiffres, la vraie richesse du Royaume réside dans sa capacité collective à transformer la croissance en performance durable.

