Longtemps célébrés comme des concentrés de vitalité, les « superaliments » ont progressivement envahi les rayons de nos magasins et les fils d’actualité de nos réseaux sociaux. Derrière ce mot séduisant se cache pourtant une réalité bien plus nuancée que ne le laissent croire les slogans marketing. Si certains aliments regorgent effectivement de nutriments essentiels, leur pouvoir supposé sur la santé est souvent amplifié à des fins commerciales. Alors, que faut-il réellement penser de ces aliments stars du bien-être ?
Le terme « superaliment » n’a en réalité aucune base scientifique rigoureuse. Introduit au début des années 1990, il désignait initialement des produits naturels bénéfiques pour la santé, grâce à leur teneur élevée en composés antioxydants comme les flavonoïdes, les caroténoïdes ou encore les polyphénols. Ces molécules sont reconnues pour leur capacité à neutraliser les radicaux libres, ces particules instables accusées de favoriser le vieillissement cellulaire et certaines maladies chroniques.
Les chercheurs s’accordent néanmoins à dire que consommer régulièrement des fruits et légumes riches en antioxydants réduit le risque de nombreuses pathologies. Mais est-ce dû uniquement à ces composés ? Là est la véritable interrogation. Les études scientifiques menées à ce sujet ne permettent pas de trancher définitivement. Pire encore : les compléments alimentaires concentrés en antioxydants, vantés pour leurs prétendus bienfaits, n’ont démontré aucun effet probant dans la prévention de maladies telles que le cancer. Dans certains cas, ces suppléments se sont même révélés nocifs. De fortes doses de bêta-carotène peuvent augmenter le risque de cancer du poumon chez les fumeurs, tandis que des doses élevées de vitamine E sont associées à un risque accru d’AVC ou de cancer de la prostate. Ces constats concernent uniquement les suppléments et non les aliments naturels, dont la consommation demeure sûre et conseillée.
Alors, faut-il continuer à croire au pouvoir des superaliments ? La réponse est plus terre-à-terre qu’il n’y paraît. Il n’est pas nécessaire de se ruiner en achetant des baies d’açaï ou des graines venues de contrées lointaines pour préserver sa santé. Les produits que l’on trouve sur nos étals — brocolis, poivrons rouges, noix, fruits rouges, persil, laitue ou courgettes — offrent tout autant de bénéfices, pour peu qu’ils soient consommés régulièrement dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée.
Inutile de céder à la tentation des allégations prometteuses. Une assiette colorée, composée de produits de saison et de proximité, reste votre meilleure alliée santé. Et si vous envisagez malgré tout de prendre des suppléments antioxydants, un avis médical est indispensable. Ces produits ne sont ni anodins, ni miraculeux. Ils ne remplacent en aucun cas une alimentation diversifiée ni un mode de vie sain.

