Alors que l’intelligence artificielle générative est présentée comme une révolution comparable à l’avènement d’Internet, sa mise en œuvre concrète demeure bien plus lente que ne le laissent entendre les marchés financiers et les discours médiatiques.
Dans les grandes entreprises, les projets liés à l’IA peinent à se généraliser. Les initiatives lancées ces dernières années sont souvent freinées, voire suspendues, en raison d’une adoption insuffisante, de coûts élevés ou de doutes persistants autour de la sécurité et de la protection des données. Paradoxalement, ces mêmes entreprises multiplient les annonces de suppressions d’emplois en invoquant “la montée en puissance de l’intelligence artificielle”.
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Derrière cette rhétorique, de nombreux observateurs y voient avant tout un prétexte commode dans un contexte économique mondial marqué par un ralentissement discret, masqué par la bonne santé apparente des places boursières.
Le contraste est particulièrement frappant avec les petites structures. La majorité d’entre elles demeure à distance de la transformation technologique : leurs méthodes actuelles continuent de produire des résultats satisfaisants, et l’investissement nécessaire pour adopter l’IA reste jugé trop lourd. À l’inverse, une minorité ; souvent dans des secteurs directement exposés à l’automatisation perçoit l’IA comme une opportunité et s’y engage pleinement, consciente du bouleversement à venir.
Ainsi, si l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un levier d’innovation et de compétitivité, elle devient aussi, pour certaines multinationales, un argument opportun pour rationaliser leurs effectifs. Derrière la promesse technologique se dessine une question plus profonde : celle de l’usage réel de l’IA dans la transformation des entreprises, entre évolution nécessaire et justification économique.

