Le lissage capillaire, devenu un rituel esthétique courant dans de nombreux salons au Maroc, fait l’objet d’une alerte sanitaire sérieuse. Le 28 janvier 2026, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) a mis en garde contre les produits de lissage contenant de l’acide glyoxylique, suspectés d’être à l’origine de lésions rénales pouvant conduire à une insuffisance rénale aiguë. L’alerte vise à la fois les consommateurs, les coiffeurs et les professionnels de santé.
Selon l’AMMPS, des travaux scientifiques menés à l’international indiquent que l’acide glyoxylique peut pénétrer à travers la peau lors des procédures de lissage capillaire. Une fois dans l’organisme, cette substance serait susceptible de se transformer en microcristaux. Leur accumulation au niveau des reins peut provoquer des atteintes rénales parfois sévères. La nature du risque a conduit l’Agence à appeler à une réaction immédiate des acteurs concernés.
Concrètement, l’AMMPS demande aux professionnels de la coiffure d’abandonner l’usage de tout produit de lissage capillaire formulé avec de l’acide glyoxylique. Pour les utilisateurs, le message est tout aussi direct : en cas de malaise ou de symptôme inhabituel pendant ou après un lissage, une consultation médicale rapide est recommandée. Les signes évoqués par l’Agence incluent notamment des nausées, une fatigue marquée ou des douleurs dans la région lombaire, autant de signaux pouvant traduire une atteinte des reins.
Du côté du corps médical, l’Agence insiste sur la nécessité d’un réflexe de vigilance. Face à une insuffisance rénale aiguë sans cause évidente, l’interrogatoire doit désormais intégrer la question d’un lissage capillaire récent. Ce lien, encore peu connu du grand public, pourrait orienter plus vite le diagnostic et la prise en charge.
Cette alerte remet en lumière le rôle de la cosmétovigilance, un dispositif de surveillance destiné à repérer les effets indésirables liés aux produits cosmétiques. L’AMMPS rappelle que tout incident survenant après l’utilisation d’un produit de beauté, y compris un produit de lissage capillaire, peut et doit être signalé. Ces déclarations alimentent la veille sanitaire, permettent d’identifier des risques émergents et, le cas échéant, de prendre des mesures de protection des consommateurs.
Au-delà du cas précis de l’acide glyoxylique, l’épisode souligne l’évolution du marché des cosmétiques, où l’innovation rapide s’accompagne parfois de zones d’ombre sur la sécurité à long terme. Pour les clients comme pour les salons, la composition des produits utilisés devient un critère aussi important que le résultat esthétique. L’information, la transparence et le signalement des effets indésirables restent les principaux leviers pour éviter que des gestes de beauté ne se transforment en problèmes de santé.

