Les cours de l’or et de l’argent ont atteint lundi de nouveaux sommets historiques, soutenus par les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient et les tensions inédites entre l’administration américaine et la Réserve fédérale des États-Unis. Vers 07h00 GMT, l’once d’or s’échangeait à 4 574,32 dollars, après avoir brièvement franchi pour la première fois la barre des 4 600 dollars. L’argent, lui, se situait à 84,27 dollars l’once, à proximité de son record historique de 84,58 dollars.
Les investisseurs se sont massivement tournés vers ces valeurs refuges, redoutant une aggravation de la situation en Iran et les conséquences des frictions politiques à Washington. La répression accrue et les coupures d’internet dans le pays chiite alimentent la recherche de stabilité via l’or et le franc suisse. Selon John Plassard, associé à la banque genevoise Cité Gestion, « lorsque le Moyen-Orient tremble, l’or retrouve son rôle de protection financière ».
La crise iranienne s’ajoute à une situation inédite aux États-Unis, où le président Donald Trump a menacé de poursuivre le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, après son témoignage devant le Congrès sur la politique monétaire. Cette confrontation a entraîné une baisse du dollar et des contrats à terme sur les actions américaines, renforçant la demande d’actifs considérés comme sûrs, tels que l’or et l’argent. Tim Waterer, analyste chez KCM Trade, souligne que « les incertitudes liées à l’administration américaine, combinées aux événements au Moyen-Orient, ont déclenché un mouvement massif vers les métaux précieux ».
Sur le plan économique, les marchés surveillent également les probabilités de nouvelles baisses des taux d’intérêt de la Fed. Le rapport mensuel sur l’emploi publié vendredi a été inférieur aux attentes, renforçant les anticipations d’au moins deux baisses de taux cette année. Les métaux précieux, qui ne génèrent pas de rendement mais conservent une valeur stable, bénéficient traditionnellement de ce type d’environnement.
Outre l’or et l’argent, d’autres métaux précieux ont enregistré des gains significatifs. Le platine au comptant s’est apprécié de 3,4 % à 2 349,59 dollars l’once, après avoir atteint un record fin décembre, tandis que le palladium a progressé de 3,4 % à 1 877,96 dollars. Cette hausse reflète la demande croissante des investisseurs et des banques centrales, en quête d’alternatives sûres face à l’incertitude mondiale.
Les marchés restent attentifs à l’évolution de la situation en Iran, où les manifestations ont déjà fait plus de 500 morts, et aux décisions de la Fed face aux pressions politiques américaines. L’or et l’argent continuent de jouer un rôle central pour les investisseurs souhaitant protéger leur capital dans un contexte de volatilité accrue et de taux d’intérêt potentiellement bas.

