L’Union africaine (UA) a annoncé, mercredi 15 octobre, la suspension immédiate de Madagascar de toutes ses institutions et activités, à la suite de la prise du pouvoir par l’armée sur la Grande Île. Dans un communiqué, le Conseil paix et sécurité de l’organisation panafricaine a condamné fermement le changement inconstitutionnel de régime et exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
L’UA a rappelé que ce coup de force constitue une violation directe de ses principes fondateurs. Elle a enjoint les forces armées malgaches à se retirer des affaires politiques, les avertissant que des sanctions individuelles pourraient être imposées aux responsables du putsch. L’organisation appelle à la mise en place d’un gouvernement civil de transition, à la tenue d’élections libres et inclusives, ainsi qu’à un dialogue national pour restaurer la légitimité des institutions.
Dans le même esprit, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a exprimé son inquiétude et décidé d’envoyer une mission diplomatique à Antananarivo, dirigée par Joyce Banda, ancienne présidente du Malawi. Cette délégation aura pour objectif de faciliter un retour rapide à la normalité constitutionnelle.
De son côté, l’Union européenne adopte une position plus prudente. Bruxelles suit « de près » la situation, sans employer officiellement le terme de « coup d’État ». Le Service européen d’action extérieure, dirigé par la cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, appelle néanmoins à un dialogue entre les acteurs politiques pour préserver la stabilité démocratique du pays.
L’UE, qui consacre cette année 7 millions d’euros d’aide humanitaire à Madagascar, notamment dans les domaines du développement rural, de la santé et de la nutrition, privilégie pour l’heure une approche diplomatique afin de ne pas compromettre ses programmes de soutien aux populations les plus vulnérables.

