Un nouveau front commun se met en place contre le cancer. Le groupe scientifique Merck, le laboratoire marocain Cooper Pharma et la Fondation Lalla Salma ont officialisé un partenariat stratégique destiné à améliorer la prise en charge du cancer colorectal ainsi que des cancers de la tête et du cou dans les hôpitaux publics du Royaume. L’objectif est clair : accélérer le diagnostic, faciliter l’accès aux thérapies ciblées et renforcer les compétences médicales sur le terrain.
Au cœur du dispositif figure le développement du diagnostic génétique, notamment le typage RAS, devenu déterminant pour orienter les patients vers des traitements anti-EGFR plus précis. Cette étape permet d’adapter les protocoles thérapeutiques au profil biologique de chaque malade et d’éviter des traitements inefficaces. Les partenaires entendent ainsi réduire les délais d’analyse et rendre ces tests plus accessibles dans les structures publiques.
L’accord ne se limite pas à l’innovation médicale. Il prévoit aussi un programme de formation continue pour les oncologues, biologistes et équipes soignantes. Des sessions spécialisées doivent améliorer la maîtrise des nouveaux outils diagnostiques et optimiser les parcours de soins. En parallèle, des campagnes de sensibilisation seront lancées pour encourager le dépistage précoce et informer sur les premiers signes d’alerte, un levier essentiel pour augmenter les chances de survie.
Cette mobilisation intervient dans un contexte préoccupant. Selon le Registre des cancers du Grand Casablanca, près de 3 800 nouveaux cas de cancer colorectal sont recensés chaque année. Cette pathologie figure désormais parmi les plus fréquentes au Maroc et pèse lourdement sur le système de santé, d’où la nécessité d’initiatives coordonnées pour renforcer prévention et traitement.
Pour Merck, cette collaboration s’inscrit dans le cadre du programme international SHAPE (Systematic Health Access & Patient Enablement), déployé dans plusieurs pays à revenu intermédiaire pour améliorer l’accès aux soins innovants. « Nous voulons doter les professionnels de santé d’outils diagnostiques fiables et garantir aux patients des traitements adaptés, rapides et efficaces », explique Ramsey Morad, vice-président régional du groupe, qui souligne l’importance d’un accompagnement durable des systèmes de santé locaux.
Cooper Pharma apporte, de son côté, son ancrage industriel et logistique au Maroc. Son président-directeur général, Ayman Cheikh Lahlou, met en avant la complémentarité des expertises mobilisées et la volonté d’inscrire ce projet dans la durée afin de rendre les traitements plus accessibles à l’échelle nationale.
Partenaire central de cette initiative, la Fondation Lalla Salma poursuit l’engagement qu’elle mène depuis 2005 pour structurer la lutte contre le cancer au Maroc. Centres d’oncologie, campagnes de dépistage, soutien aux patients : l’organisation joue un rôle clé dans la coordination des acteurs publics et privés. En rejoignant ce programme, elle consolide son action pour un accès plus équitable aux soins et une meilleure qualité de prise en charge.
En réunissant industrie pharmaceutique, expertise scientifique et engagement institutionnel, ce partenariat marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de lutte contre le cancer. Une alliance qui mise autant sur la technologie que sur la prévention pour transformer concrètement le parcours des patients marocains

