Le Maroc renforce son cadre électoral pour contrer la désinformation numérique. Le nouveau dispositif légal, incarné par l’article 51-bis, sanctionne désormais l’utilisation abusive des technologies de l’information et de l’intelligence artificielle pour diffuser des propos, images ou contenus falsifiés visant à nuire à la réputation ou à la vie privée des électeurs et des candidats. Les rumeurs et fausses informations susceptibles de remettre en cause la crédibilité, la régularité ou la transparence des scrutins sont également visées. Les sanctions prévues vont de deux à cinq ans de prison et d’amendes de 50.000 à 100.000 dirhams, proportionnelles à la gravité des faits.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte où les réseaux sociaux et les outils numériques facilitent la propagation massive de contenus trompeurs, souvent utilisés pour manipuler l’opinion publique lors des campagnes électorales. Pour garantir un équilibre, le texte exige la preuve d’une intention de nuire ou d’influencer illicitement le vote, excluant toute situation dépourvue de caractère malveillant. Cette approche assure la protection des libertés fondamentales tout en renforçant l’intégrité du processus démocratique.
Au-delà de la protection des individus, la mesure s’aligne sur les standards internationaux en matière de droits humains et de législation comparée, qui reconnaissent la nécessité de criminaliser la diffamation et les campagnes de désinformation en période électorale. En harmonisant sécurité juridique, transparence des scrutins et responsabilité numérique, le Maroc adapte sa législation à l’ère du numérique et consolide la confiance des citoyens dans leurs institutions démocratiques.
L’adoption de l’article 51-bis marque ainsi une avancée majeure pour sécuriser les élections, prévenir les manipulations en ligne et protéger la vie privée des électeurs et des candidats, tout en affirmant la responsabilité juridique dans l’espace digital.

