Le ralentissement est net, presque paradoxal. Alors que BYD continue d’étendre son empreinte à l’international, le leader mondial du véhicule électrique voit sa rentabilité reculer sur son propre terrain. En 2025, le constructeur chinois a enregistré une baisse de 19% de son bénéfice net, signe des déséquilibres qui traversent aujourd’hui le premier marché automobile électrique de la planète.
Selon ses résultats publiés à la Bourse de Hong Kong, le groupe a dégagé un profit attribuable aux actionnaires de 32,6 milliards de yuans (environ 4,08 milliards d’euros), contre 40,3 milliards un an auparavant. Une contraction notable, qui tranche avec la trajectoire de croissance soutenue observée ces dernières années.
Car derrière ce recul se dessine une réalité plus structurelle : en Chine, la bataille pour les parts de marché s’est intensifiée au point d’éroder les marges. Le secteur, à la pointe de l’innovation mondiale, est aussi devenu l’un des plus compétitifs, entraînant une spirale de baisses de prix difficilement soutenable.
Au printemps 2025, l’association chinoise des constructeurs automobiles avait d’ailleurs publiquement mis en garde contre cette dynamique, dénonçant une “guerre des prix” susceptible de fragiliser durablement l’écosystème industriel. Sans être explicitement ciblé, BYD s’était retrouvé au cœur des tensions, après avoir multiplié les remises commerciales, certaines atteignant jusqu’à 34% sur plusieurs modèles.
Ce contexte pèse désormais sur les performances financières du groupe, malgré une activité commerciale qui reste robuste. Le chiffre d’affaires a ainsi progressé de 3,5% en 2025 pour atteindre 804 milliards de yuans (près de 101 milliards d’euros), confirmant la solidité de sa base industrielle et commerciale.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de 2024, année durant laquelle BYD avait franchi un cap symbolique en dépassant les 100 milliards de dollars de revenus annuels, devançant même son concurrent américain Tesla sur cet indicateur.
Face à la saturation progressive du marché domestique, le constructeur accélère désormais son déploiement à l’étranger. L’Europe apparaît comme un relais de croissance stratégique : en septembre, plus de 13 000 véhicules y ont été écoulés, soit une progression de plus de 270% sur un an, selon les données sectorielles.
Reste que cette expansion internationale ne compense pas encore totalement les tensions internes. Après un début d’année 2025 marqué par des résultats record, BYD amorce ainsi un virage plus délicat, où la maîtrise des coûts et la gestion des marges deviennent aussi cruciales que la conquête commerciale.
Dans un secteur arrivé à un tournant, le géant chinois, acronyme de “Build Your Dreams” illustre à lui seul les nouveaux équilibres de l’industrie automobile mondiale : une croissance toujours vigoureuse, mais désormais sous contrainte.

