Au Mali, le chef de la transition, Assimi Goïta, resserre son emprise sur les leviers sécuritaires. Selon deux décrets officiels diffusés à la télévision nationale, il assumera désormais directement les fonctions de ministre de la Défense, dans un contexte marqué par une nette dégradation de la situation sécuritaire.
Cette réorganisation intervient après une série d’attaques d’une intensité rare, qui ont profondément secoué le pays. Pour accompagner cette nouvelle configuration, le général Oumar Diarra, jusqu’ici chef d’état-major, a été nommé ministre délégué auprès du département de la Défense. Il devra épauler la présidence dans la conduite des opérations militaires.
L’annonce, relayée par la chaîne publique ORTM, confirme une centralisation accrue des décisions sécuritaires au sommet de l’État, dans le cadre de la transition en cours.
Ce changement intervient dans un climat particulièrement tendu, marqué notamment par l’assassinat du précédent ministre de la Défense, Sadio Camara, tué dans un attentat à la voiture piégée devant son domicile. Une attaque revendiquée dans le cadre d’offensives menées par des groupes armés actifs dans le pays.
Sur le terrain, la situation reste préoccupante. Des combattants du Front de libération de l’Azawad et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ont coordonné leurs actions, parvenant à prendre le contrôle de la ville stratégique de Kidal, consolidant ainsi leur présence dans le nord du pays.
Le bilan humain de ces affrontements est lourd. Selon plusieurs sources, au moins 23 personnes ont perdu la vie, dont des civils et des enfants, comme l’a indiqué UNICEF. De nombreux blessés ont également été recensés.
Dans la foulée, des tentatives de blocus autour de Bamako ont été signalées, en réaction au soutien affiché par une partie de la population aux forces armées. Ces tentatives n’auraient toutefois été que partiellement efficaces.
Les événements survenus fin avril marquent un tournant par leur ampleur, les plus importants enregistrés depuis plus d’une décennie. Ils illustrent surtout l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le Mali est confronté, dans un environnement régional déjà sous tension.
Pour les observateurs, cette prise en main directe de la Défense par Assimi Goïta traduit une volonté de reprise de contrôle rapide face à une situation qui échappe de plus en plus aux mécanismes traditionnels de gestion. Un choix qui, à court terme, vise à répondre à l’urgence, mais qui pose également la question de la capacité durable de l’État malien à stabiliser son territoire.

