Les derniers relevés du marché de gros de Casablanca, arrêtés au 1er avril 2026, mettent en évidence une évolution contrastée des prix des fruits et légumes, dans un contexte marqué par la hausse des carburants et des coûts logistiques. Si certaines denrées restent relativement accessibles, d’autres affichent des niveaux qui continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages.
Dans le détail, les légumes présentent des écarts significatifs selon les produits et la qualité. Les tomates se négocient entre 2,50 et 7,00 dirhams le kilogramme, tandis que la courge oscille entre 2,50 et 8,00 dirhams. Les carottes restent parmi les produits les plus accessibles, entre 1,50 et 3,30 dirhams, alors que l’oignon frais s’inscrit dans une fourchette de 2,00 à 5,50 dirhams. Les pommes de terre se situent entre 3,00 et 6,00 dirhams le kilogramme.
D’autres produits affichent des niveaux plus modérés, à l’image du chou-fleur (1,00 à 2,00 dirhams) et du chou blanc (1,20 à 2,30 dirhams). Les courgettes varient entre 1,50 et 4,00 dirhams, le concombre entre 2,00 et 3,50 dirhams, tandis que les aubergines se situent autour de 2,00 à 3,50 dirhams le kilogramme.
Du côté des fruits, les écarts restent également marqués. L’avocat demeure le produit le plus onéreux, avec des prix compris entre 20,00 et 33,00 dirhams le kilogramme. Les bananes importées s’échangent entre 15,00 et 19,00 dirhams, contre 7,00 à 11,50 dirhams pour les bananes locales. Les oranges restent relativement accessibles, entre 2,50 et 4,20 dirhams, tandis que les clémentines oscillent entre 5,00 et 8,00 dirhams.
Les fraises se négocient entre 12,00 et 19,00 dirhams le kilogramme. Les pommes locales sont affichées entre 8,00 et 14,00 dirhams, alors que les pommes importées atteignent des niveaux plus élevés, entre 12,00 et 23,00 dirhams.
Ces niveaux interviennent dans un contexte particulier. Malgré un hiver marqué par des précipitations importantes, censées améliorer les rendements agricoles, certains produits de base continuent d’afficher des prix soutenus sur les marchés de détail. Une situation qui interroge, notamment pour des produits largement cultivés localement, à l’image de l’oignon ou de la pomme de terre.
À cette équation s’ajoute un facteur déterminant : la hausse du gasoil, désormais autour de 14 dirhams le litre. Le coût du transport pèse directement sur les prix, depuis les zones de production jusqu’aux marchés urbains. Entre intermédiaires, stockage et distribution, les prix observés au marché de gros sont souvent multipliés à l’arrivée chez les détaillants.
Dans ce contexte, le consommateur marocain fait face à une pression croissante. L’écart entre les prix de gros et ceux pratiqués dans les souks alimente un sentiment de déséquilibre, d’autant que les produits de première nécessité sont directement concernés.
Les perspectives restent incertaines. Entre tensions sur les marchés énergétiques, coûts logistiques élevés et dynamiques d’export, plusieurs facteurs continuent d’influencer les prix. La question d’éventuelles nouvelles hausses reste posée, dans un environnement où la stabilité des prix dépend désormais autant des conditions agricoles que des équilibres économiques globaux.
Le consommateur face à une équation impossible
Dans ce contexte, le consommateur marocain se retrouve pris en étau. D’un côté, une offre théoriquement abondante. De l’autre, une inflation diffuse qui touche les produits les plus essentiels. La question devient alors centrale : jusqu’où cette pression peut-elle aller ?
Car si les prix de gros restent relativement “contenus” sur certains produits, leur traduction sur les marchés de proximité raconte une autre réalité. Et avec des tensions géopolitiques persistantes sur les marchés énergétiques, rien n’indique un retour rapide à la normale.

