La Banque mondiale a approuvé un financement de 250 millions de dollars pour accompagner la réforme du système de protection sociale au Maroc. Ce soutien vise à améliorer l’accès des ménages vulnérables aux aides financières directes, tout en renforçant leur inclusion socioéconomique. L’annonce de ce financement marque une étape clé dans la mise en œuvre du programme national d’aides sociales, lancé en décembre 2023, et dont bénéficient déjà plus de 3,9 millions de ménages.
Le projet appuyé par la Banque mondiale s’inscrit dans le cadre du « Projet d’appui au renforcement des filets de protection sociale pour le développement humain ». Il a pour ambition de moderniser les dispositifs de transfert monétaire, d’en élargir la portée et d’améliorer leur efficacité, en particulier dans les zones rurales et isolées. L’approche retenue repose sur des mécanismes innovants de distribution, centrés sur les citoyens, qui allient soutien économique immédiat et résilience à long terme.
En soutenant l’Agence nationale du soutien social (ANSS), l’entité chargée de piloter le programme, le projet entend non seulement élargir le champ d’action des aides directes, mais aussi favoriser une meilleure coordination entre les acteurs publics. Il s’agit notamment des ministères et institutions responsables des services sociaux, afin d’assurer une gestion intégrée et efficace des interventions.
Au-delà de l’aspect financier, cette initiative vise à stimuler l’investissement dans le capital humain à travers l’accès à des services essentiels, la promotion de l’emploi et l’amélioration des conditions de vie. Elle entend également soutenir la participation des femmes et des jeunes au marché du travail, éléments souvent fragilisés par les disparités régionales et les pressions économiques.
Le Maroc, confronté ces dernières années à des défis majeurs tels que la sécheresse et l’inflation, a néanmoins fait preuve de résilience, avec un taux de pauvreté national estimé à 3,8 % en 2022. Toutefois, les écarts de revenus et les inégalités d’accès aux opportunités persistent, en particulier dans les zones rurales. Ce nouveau financement international vise donc à consolider les efforts du Royaume dans sa transition vers un modèle de croissance inclusive, durable et équitable.
Pour Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, il est essentiel de doter les populations vulnérables de moyens leur permettant d’investir dans leur avenir, de se prémunir contre les aléas climatiques et de saisir les opportunités économiques. Le projet capitalise ainsi sur les avancées du programme d’aides sociales directes, pour renforcer les filets de sécurité et favoriser une société plus équitable.
Ce financement reflète l’engagement croissant du Maroc à bâtir une protection sociale universelle, fondée sur des mécanismes transparents, efficaces et adaptés aux besoins des citoyens. Il s’inscrit dans une dynamique nationale de transformation sociale et économique, qui place l’humain au cœur des priorités publiques.


