À Essaouira, la ville des vents et des métissages, une nouvelle page s’est écrite dimanche lors de la 20e édition du Festival des Andalousies Atlantiques. Un mémorandum d’entente a été signé entre le Maroc et l’Andalousie pour assurer la préservation du Pavillon Hassan II de Séville, édifice emblématique du dialogue entre les civilisations. Cet accord marque une étape majeure dans la coopération culturelle entre les deux rives de la Méditerranée, scellant un engagement commun en faveur du patrimoine, de la tolérance et de l’ouverture.
Ce document stratégique réunit plusieurs institutions : le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, le ministère délégué chargé du Budget, la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée, la Fondation de la Mosquée Hassan II de Casablanca, ainsi que la Maison de l’Artisan. Ensemble, elles s’engagent à restaurer et à réhabiliter le Pavillon, à encourager la circulation du savoir-faire entre artisans marocains et andalous, et à consolider la Fondation des Trois Cultures comme pilier du dialogue culturel entre le Nord et le Sud.
La cérémonie de signature, présidée par André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, s’est déroulée en présence de Lahcen Essaadi, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, de Patricia del Pozo Fernández, conseillère à la Culture et au Sport du Gouvernement régional d’Andalousie, et de Tarik Sadik, directeur général de la Maison de l’Artisan. Un parterre d’acteurs institutionnels et culturels venus célébrer la mémoire vivante d’un patrimoine partagé.
Pour M. Azoulay, ce mémorandum représente « un moment fort » dans la consolidation des liens entre le Maroc et l’Andalousie, rappelant que le Pavillon Hassan II n’est pas seulement un édifice, mais un symbole d’unité et de coexistence. Il a évoqué avec émotion l’épisode récent où des artisans d’Essaouira ont offert une Croix du Christ à la confrérie sévillane du “Christ de la Couronne” — un geste de fraternité interreligieuse salué comme un acte de courage et de confiance mutuelle. Selon lui, ce projet s’inscrit dans la continuité de cette dynamique : bâtir des ponts durables entre les cultures, fondés sur la reconnaissance et le respect.
De son côté, Lahcen Essaadi a souligné que cet accord illustre la continuité de l’approche éthique et humaniste que le Maroc défend depuis des siècles dans ses relations avec les civilisations voisines. Il a décrit le Pavillon Hassan II comme « un centre vivant du dialogue culturel et religieux », un lieu où se croisent créativité, excellence et transmission du patrimoine immatériel. Restaurer ce pavillon, c’est redonner souffle à un symbole commun qui unit l’artisanat marocain et andalou autour d’une même esthétique de paix et de beauté.
Pour Patricia del Pozo Fernández, ce partenariat constitue un modèle de coopération patrimoniale. Elle a qualifié le Pavillon Hassan II de « joyau patrimonial », affirmant que sa restauration permettra de renforcer les échanges entre le Maroc et l’Andalousie à travers la culture, les traditions et l’artisanat. Elle a également annoncé la tenue prochaine d’une “Semaine du Maroc” à Séville, dédiée à la valorisation des artisans marocains et à la mise en œuvre concrète de ce mémorandum.
Au-delà d’un simple projet de réhabilitation, cette initiative reflète une vision partagée : celle d’un patrimoine méditerranéen vivant, porteur de sens et d’identité. Elle s’inscrit dans la continuité du rôle du Maroc comme acteur central du dialogue interculturel, et de l’Andalousie comme terre de mémoire et de transmission. Ensemble, ils réaffirment leur volonté de faire de l’artisanat non seulement un levier économique, mais aussi un langage universel reliant les peuples.
La signature de cet accord à Essaouira, cité symbole du vivre-ensemble, vient rappeler que la culture demeure l’un des fondements les plus solides de la diplomatie marocaine. En préservant le Pavillon Hassan II, les deux partenaires défendent bien plus qu’un monument : ils protègent une idée, celle d’une Méditerranée du dialogue, du respect mutuel et de la fraternité humaine.

