Le Maroc vit une avancée hydrologique spectaculaire, avec un taux de remplissage des barrages dépassant 70 % et un volume total d’eau proche de 11,8 milliards de mètres cubes. Les données officielles de la Direction de la recherche et de la planification hydrique du ministère de l’Équipement et de l’Eau confirment que l’hiver 2026 marque un tournant majeur après plusieurs années de stress hydrique. À mi-février, les barrages nationaux affichent un taux de remplissage global de 70,37 %, contre 27,60 % à la même période l’an dernier, ce qui représente une hausse de plus de 7 milliards de mètres cubes.
Cette progression sans précédent reflète l’efficacité des précipitations récentes, tant pluviales que neigeuses, qui s’inscrivent dans un hiver exceptionnel, comparé uniquement aux saisons 1996 et 2010 selon les prévisions de la Direction générale de la météorologie. La répartition de cette abondance montre des contrastes selon les bassins hydrographiques. Le bassin du Loukkos domine avec 94,21 % de remplissage, tandis que le bassin de Sebou, vital pour l’agriculture du pays, atteint 91,36 %, garantissant plus de 5 milliards de mètres cubes pour soutenir la production agricole dans le Gharb. Le bassin de Bouregreg, qui alimente notamment la région de Rabat-Casablanca, affiche quant à lui 92,84 %, assurant la continuité de l’approvisionnement en eau potable pour plusieurs millions d’habitants.
Avec des ressources en #eau disponibles s’élevant à 11.8 milliards de M³, soit une augmentation d’environ 153% par rapport à la même période de l’année dernière ?⬆️.. Le taux de remplissage global des #barrages au #Maroc a atteint 70.3% jusqu’au dimanche 15 février 2026.??? pic.twitter.com/4rETT48YQf
— الما ديالنا (@maadialna) February 15, 2026
Les régions du centre et du sud enregistrent également un regain d’activité. Le bassin d’Oum Er-Rbia, fortement affecté par la sécheresse l’an dernier avec seulement 5,13 % de remplissage, atteint aujourd’hui 44,88 %, reflétant la revitalisation des barrages stratégiques tels que Bin El Ouidane (62,53 %) et Al Massira. Le bassin de Souss-Massa progresse de 15,85 % à 54,52 %, soutenu par le remplissage complet du barrage d’Afouz, symbole des efforts soutenus de l’État pour la gestion des ressources hydriques dans cette région agricole clé.
Cette année hydrologique exceptionnelle dépasse le simple chiffre. Elle garantit une sécurité hydrique pour au moins les deux prochaines années, tout en renforçant les capacités d’irrigation pour le secteur agricole, avec des retombées positives sur les prix et le pouvoir d’achat. Elle contribue également à la reconstitution des nappes phréatiques, largement affectées par les années de sécheresse, et souligne l’importance de maintenir des pratiques de gestion durable de l’eau face aux changements climatiques rapides. Les autorités et les citoyens sont ainsi appelés à préserver ce “capital hydrique” pour assurer sa durabilité et soutenir la résilience des secteurs agricoles et urbains.

