Le Maroc et la République centrafricaine franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération judiciaire.
Mercredi à Rabat, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et son homologue centrafricain, Djoubaye Abazène Arnaud, ont signé un mémorandum d’entente portant sur l’administration judiciaire, scellant une volonté commune de structurer et d’approfondir leur partenariat.
Cet accord vise en priorité à moderniser les systèmes judiciaires des deux pays, avec un accent particulier sur la digitalisation de la justice et l’amélioration de la gouvernance des services judiciaires. Il prévoit également la mise en place d’un cadre institutionnel permettant l’échange d’expertises, le renforcement des compétences des ressources humaines et le développement de mécanismes de travail plus efficaces, en phase avec les standards internationaux.
Lors de la cérémonie de signature, Abdellatif Ouahbi a mis en avant la dimension africaine de ce rapprochement, inscrite dans la dynamique de la coopération Sud-Sud portée par le Royaume. Il a insisté sur la nécessité de coordonner les efforts face à des défis communs, notamment la criminalité organisée, tout en poursuivant les chantiers de modernisation du système judiciaire marocain.
De son côté, Djoubaye Abazène Arnaud a salué la qualité des relations historiques entre les deux pays et le rôle croissant du Maroc sur le continent. Il a notamment évoqué l’engagement du Royaume au sein des instances africaines, ainsi que son action en matière de développement, d’investissement et de connectivité régionale. Le responsable centrafricain a également mis en avant l’approche marocaine en matière de gouvernance migratoire, fondée sur la protection des migrants et la lutte contre les réseaux de traite des êtres humains.
Le mémorandum couvre plusieurs axes de coopération concrets. Il prévoit la formation initiale et continue des magistrats et des professionnels du droit, l’échange d’expériences sur l’organisation administrative et financière des juridictions, ainsi que la promotion des modes alternatifs de règlement des différends, tels que la médiation et l’arbitrage. L’objectif affiché est d’améliorer l’efficacité judiciaire tout en réduisant les délais de traitement des affaires.
Une attention particulière est accordée à l’accès à la justice pour les populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants. Les deux parties entendent également collaborer sur des aspects techniques, comme la logistique judiciaire, l’application des conventions de La Haye ou encore l’organisation de visites d’études et de rencontres scientifiques.
Pour garantir la mise en œuvre de cet accord, un mécanisme de coordination et de suivi sera instauré. Il devra veiller à la concrétisation des programmes de coopération et à l’évaluation régulière des avancées réalisées.
À travers cette initiative, le Maroc réaffirme son engagement en faveur du renforcement des partenariats africains et du partage de son expertise institutionnelle. Cette coopération avec la République centrafricaine s’inscrit dans une vision plus large, tournée vers la consolidation de l’État de droit et le soutien au développement et à la stabilité du continent.


