Le Maroc a franchi une nouvelle étape dans le développement de son écosystème entrepreneurial avec le lancement, à Rabat, d’un dispositif catalytique inédit destiné à soutenir les fonds de capital-risque et à faciliter l’accès des startups au financement. La convention, signée entre le ministère de la Transition numérique, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, la CDG et Tamwilcom, mobilise 400 millions de dirhams pour réduire le risque des investisseurs et encourager l’investissement dans les jeunes pousses. Neuf sociétés de gestion ont déjà été présélectionnées, avec un volume d’investissement global avoisinant 2,5 milliards de dirhams.
Au centre de ce mécanisme figurent deux outils essentiels : la couverture des premières pertes, pensée pour rassurer les investisseurs, et la possibilité pour Tamwilcom d’investir directement au nom du ministère. Cette architecture crée un continuum allant du pre-seed aux séries A et plus, comblant un manque longtemps pointé par les acteurs de l’innovation. En ciblant les phases les plus risquées du parcours entrepreneurial, le dispositif entend fluidifier la croissance des startups marocaines et attirer davantage de capitaux nationaux et étrangers.
Ce lancement intervient alors que le Maroc cherche à accélérer la mise en œuvre de la stratégie Maroc Digital 2030. La ministre Amal El Fallah Seghrouchni rappelle que l’objectif est de faire émerger un écosystème capable de générer des gazelles, des licornes et des innovations à fort impact. Pour la direction du FM6I, ce mécanisme marque un tournant : en absorbant une partie du risque, le pays crée un environnement plus crédible et plus attractif pour les fonds internationaux. La CDG, de son côté, inscrit sa participation dans une logique d’« architecture ouverte » visant à amplifier l’impact des investissements et à encourager l’expertise privée.
Les neuf gestionnaires retenus couvrent des secteurs stratégiques — fintech, agritech, edtech, santé numérique, climatetech — et reflètent une diversité croissante avec des acteurs marocains, internationaux et mixtes. Leur rôle sera déterminant pour structurer un marché du venture capital encore jeune, mais en forte dynamique. Avec ce dispositif catalytique, le Maroc envoie un message clair : il veut devenir un hub africain de l’innovation et offrir aux startups locales un cadre solide pour évoluer, lever des capitaux et conquérir de nouveaux marchés.


