Le Maroc et les États-Unis ont célébré à Washington 250 ans d’une relation diplomatique parmi les plus anciennes et les plus solides de l’histoire américaine. Réunis au Capitole dans le cadre de l’initiative « Project Legacy Morocco », élus du Congrès, sénateurs, responsables militaires et diplomatiques ont rendu hommage à un partenariat stratégique bâti sur la constance, la confiance et une convergence d’intérêts qui traverse les siècles.
L’événement, organisé dans l’enceinte du Congrès américain, a rassemblé plus de 200 invités de premier plan issus des deux grands partis politiques, aux côtés de représentants de la communauté marocaine aux États-Unis. Cette mobilisation transpartisane a illustré la place singulière qu’occupe le Royaume du Maroc dans la politique étrangère américaine, loin des alliances conjoncturelles et des rapports fluctuants.
Les interventions ont toutes rappelé un fait fondateur : en 1777, le Maroc fut le premier État au monde à reconnaître l’indépendance des États-Unis, alors jeune nation en quête de légitimité internationale. Ce geste pionnier a ouvert la voie au traité de paix et d’amitié signé en 1786, toujours en vigueur aujourd’hui et considéré comme le plus ancien traité diplomatique ininterrompu de l’histoire américaine. À Tanger, le premier bâtiment diplomatique américain à l’étranger demeure un témoin vivant de cette relation précoce.
Républicains et démocrates ont souligné la profondeur de ce lien. Le sénateur Tim Sheehy a rappelé que, dans un contexte international incertain, le Maroc avait été l’un des rares pays à soutenir les États-Unis à leurs débuts, plaidant pour un investissement durable dans les alliances éprouvées. Son homologue démocrate Tim Kaine a insisté sur la portée stratégique de l’axe Rabat-Washington, affirmant que la célébration du 250e anniversaire de l’indépendance américaine trouvait un écho naturel dans l’hommage rendu à son plus ancien partenaire diplomatique.
Plusieurs élus ont également mis en avant la dimension opérationnelle de cette relation. Le Maroc demeure le seul pays africain lié aux États-Unis par un accord de libre-échange et accueille le plus grand exercice militaire conjoint américain sur le continent. Une coopération qui s’étend aux domaines diplomatique, sécuritaire, économique et technologique, et qui confère au Royaume un rôle central dans la stabilité régionale.
Présent à la cérémonie, l’ambassadeur du Maroc à Washington, Youssef Amrani, a inscrit cette alliance dans la continuité historique de la monarchie marocaine, de Sidi Mohammed Ben Abdallah à Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a souligné que ces 250 années ne relèvent ni du hasard ni d’une simple affinité diplomatique, mais d’un choix stratégique assumé, fondé sur la loyauté, la compréhension mutuelle et une vision partagée de l’Atlantique.
Cette convergence s’est traduite par des positions communes sur des dossiers majeurs, notamment la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, citée comme l’un des exemples les plus explicites du niveau de confiance atteint entre les deux pays. Pour les responsables présents, cette relation dépasse la conjoncture et s’inscrit dans un dialogue permanent, nourri par des valeurs et des ambitions communes.
Deux cent cinquante ans après le premier geste diplomatique du Royaume, Rabat et Washington affichent une relation qui continue de se renforcer, portée par une histoire unique et des intérêts stratégiques convergents. Un partenariat ancien, mais résolument tourné vers l’avenir.

