Le Maroc et la France ont formalisé, lundi 2 février à Rabat, un nouveau cadre de coopération judiciaire à travers la signature d’un plan d’action couvrant la période 2026-2028. Paraphé par le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et son homologue français, Gérald Darmanin, cet accord vient consolider un partenariat institutionnel déjà dense, en plaçant la justice au cœur des relations bilatérales entre les deux pays.
Ce plan d’action vise à structurer, sur trois années, une coopération technique fondée sur l’échange d’expertises, l’accompagnement des réformes en cours et le renforcement des capacités des institutions judiciaires. Il traduit une volonté politique commune de doter la relation maroco-française d’outils opérationnels capables de répondre aux mutations profondes que connaissent les systèmes judiciaires des deux États.
Lors de la cérémonie, Abdellatif Ouahbi a rappelé que les relations entre Rabat et Paris reposent sur un socle ancien, nourri par une coopération continue et adaptée aux évolutions contemporaines. Selon lui, le partenariat judiciaire dépasse le cadre technique pour s’inscrire dans une vision globale, fondée sur le dialogue institutionnel, la confiance et la convergence des objectifs en matière de gouvernance. Le ministre a souligné que la justice constitue un levier central pour consolider l’État de droit, accompagner les politiques publiques et soutenir la stabilité à long terme.
Gérald Darmanin a, pour sa part, mis en avant la solidité d’un partenariat qu’il a qualifié d’évolutif, marqué par une coopération concrète dans plusieurs domaines stratégiques. Il a estimé que la coopération judiciaire s’inscrit naturellement dans cette dynamique, en tant qu’outil de renforcement de la confiance entre institutions et de soutien aux transformations engagées, dans le respect des cadres juridiques propres à chaque pays. Le ministre français a insisté sur l’importance d’une collaboration pragmatique, orientée vers des résultats tangibles et partagés.
Le plan d’action 2026-2028 s’inscrit dans la continuité des accords et protocoles déjà conclus entre les ministères de la Justice marocain et français. Il ne s’agit pas d’une initiative ponctuelle, mais d’une nouvelle étape dans un processus engagé de longue date, visant à instaurer une coopération structurée, lisible et durable. Les deux parties entendent ainsi capitaliser sur les expériences acquises pour accompagner les réformes majeures en cours dans leurs systèmes judiciaires respectifs.
Selon les éléments communiqués par le ministère de la Justice, les axes retenus couvrent notamment la modernisation de l’administration judiciaire, le renforcement des compétences des ressources humaines, l’échange d’expériences autour des évolutions législatives et réglementaires, ainsi que la participation conjointe à des rencontres et manifestations internationales. L’objectif affiché est de favoriser une montée en compétences mutuelle, tout en tenant compte des spécificités institutionnelles et juridiques de chaque pays.
À travers cette démarche, Rabat et Paris entendent faire de la coopération judiciaire un pilier structurant de leur relation bilatérale, au même titre que les partenariats économiques, sécuritaires ou culturels. Le communiqué officiel souligne à cet égard une volonté partagée de poursuivre la construction d’un partenariat fondé sur la confiance, le respect mutuel et l’efficacité institutionnelle.
En dotant leur coopération judiciaire d’un cadre clair et pluriannuel, le Maroc et la France cherchent à donner une traduction concrète à leurs engagements politiques. Le plan d’action 2026-2028 apparaît ainsi comme un instrument de consolidation des relations bilatérales, au service du renforcement de l’État de droit et de la stabilité institutionnelle, dans un contexte régional et international marqué par des défis juridiques croissants.

