À Rabat, le 16 octobre 2025, le Maroc a franchi une nouvelle étape dans sa quête de souveraineté technologique. Une convention-cadre de partenariat a été signée entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, le Conseil Ingénierie et Développement (CID) et les Centres Techniques Industriels (CTI), marquant le lancement d’un écosystème national d’ingénierie industrielle compétitif, innovant et durable.
Cet accord stratégique vise à fédérer les compétences nationales autour d’une ambition commune : faire de l’ingénierie industrielle un levier central de transformation du tissu productif marocain. En misant sur la technologie, l’innovation et la durabilité, le Royaume confirme sa volonté d’élever ses capacités industrielles à un niveau mondial, tout en consolidant son indépendance technologique.
Au cœur de cette convention, la collaboration entre le CID et les CTI occupe une place essentielle. Les deux entités s’engagent à renforcer les échanges techniques, à développer des projets conjoints et à accompagner la transition numérique, la décarbonation et la mise en œuvre d’une économie circulaire. Un volet formation ciblé est également prévu afin de renforcer les compétences des ingénieurs et techniciens marocains, considérés comme la pierre angulaire de cette nouvelle dynamique industrielle.
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a salué une avancée majeure vers « la concrétisation de la souveraineté technologique du Maroc », estimant que le pays entre dans « une nouvelle ère de l’ingénierie industrielle ». Il a rappelé le succès du Royaume dans la réalisation de ses infrastructures, succès largement attribué au rôle du CID, et appelé à reproduire cette réussite dans le secteur manufacturier.
Pour Ahmed Chalabi, directeur général du CID, cet accord s’inscrit dans la continuité de l’histoire du Conseil, fondé en 1982 et longtemps associé à la souveraineté technologique dans le domaine du BTP. « Après avoir relevé le défi des travaux publics, nous ouvrons une nouvelle page en accompagnant l’industrie manufacturière, symbole d’une deuxième phase du développement stratégique du CID », a-t-il déclaré.
Le président du Réseau des Centres Techniques Industriels Marocains (RECTIM), Abdelaziz Alazrak, a quant à lui souligné la valeur ajoutée de cette collaboration. Il a rappelé que les CTI reposent sur une gouvernance portée par les industriels eux-mêmes, avec plus de 200 chefs d’entreprises et 100 experts siégeant dans leurs conseils d’administration. Ces structures disposent déjà d’une expertise solide, rassemblant quelque 350 ingénieurs et techniciens et plus de 500 millions de dirhams d’investissements en équipements de pointe, un chiffre qui devrait atteindre prochainement un milliard de dirhams grâce aux projets en cours.
En marge de la convention-cadre, des contrats spécifiques ont été conclus entre le CID et chacun des CTI afin de préciser les modalités techniques et financières des actions à entreprendre. Parallèlement, un protocole de collaboration distinct a été signé entre le Centre Technique de la Plasturgie et du Caoutchouc (CTPC), le CID et Capgemini Engineering Maroc, filiale du groupe Capgemini, leader mondial de l’ingénierie industrielle. Ce partenariat porte sur la formation des ingénieurs marocains à la conception et au développement de pièces automobiles selon l’approche « build to print », une méthodologie qui renforce la maîtrise locale des processus de production.
Par cette initiative, le Maroc confirme son positionnement comme hub régional de l’ingénierie et de l’innovation industrielle. En investissant dans les compétences et la technologie, le Royaume trace les contours d’une souveraineté technologique durable, où l’ingénierie nationale devient moteur de compétitivité, d’emploi qualifié et de croissance à long terme.


