Le déficit de liquidité bancaire au Maroc continue de se creuser. Selon la dernière note « Fixed Income Weekly » de BMCE Capital Global Research (BKGR), le besoin moyen des banques s’est établi à 134,1 milliards de dirhams (MMDH) sur la période du 25 septembre au 1er octobre 2025, en hausse de 1,61 % par rapport à la semaine précédente. Cette évolution traduit une tension persistante sur le marché monétaire, malgré la présence active de Bank Al-Maghrib (BAM).
L’institution centrale a en effet réduit le volume de ses avances à 7 jours, qui s’élève désormais à 54,86 MMDH, soit une baisse de 3,45 MMDH. Cette contraction des interventions de BAM, combinée à un besoin croissant en liquidités de la part des banques, a accentué le déficit observé sur la période. Les établissements de crédit doivent ainsi composer avec un environnement marqué par une demande soutenue en ressources à court terme.
En parallèle, le Trésor marocain a renforcé sa présence sur le marché monétaire. Ses placements ont enregistré un encours quotidien maximal de 15,4 MMDH, contre 13,8 MMDH une semaine auparavant. Une évolution qui traduit une gestion active de la trésorerie publique, alors que les tensions sur les flux de liquidité se maintiennent dans le système bancaire.
Côté taux, la situation demeure relativement stable. Le taux moyen pondéré s’est maintenu à 2,25 %, confirmant un certain équilibre sur le marché interbancaire. De son côté, le MONIA (Moroccan Overnight Index Average), indice de référence des opérations au jour le jour, a légèrement progressé à 2,458 %, témoignant d’un ajustement modéré du coût de refinancement entre les banques.
Pour la semaine à venir, Bank Al-Maghrib prévoit de relancer ses injections de liquidité, avec un volume d’avances à 7 jours attendu à 66,6 MMDH, contre 54,8 MMDH précédemment. Ce réajustement traduit la volonté de la banque centrale d’accompagner le marché et de contenir les effets d’un déficit de plus en plus marqué.
À l’approche de la fin d’année, cette évolution du déficit de liquidité bancaire illustre la prudence de BAM face à un contexte monétaire encore fragile, où chaque décision d’intervention reste étroitement surveillée par les acteurs du secteur financier.

