Le secteur pharmaceutique marocain s’apprête à vivre une nouvelle journée de mobilisation. Les pharmaciens ont confirmé la tenue d’un sit-in prévu le 9 avril à Rabat, devant le siège du Conseil de la concurrence, pour protester contre une recommandation portant sur l’ouverture du capital des officines à des investisseurs non pharmaciens.
L’appel à la mobilisation a été lancé par la Confédération des syndicats de pharmaciens du Maroc (CSPM), dans un contexte de tensions croissantes entre la profession et les autorités de régulation.
À l’origine du différend, une orientation du Conseil de la concurrence proposant une réforme du modèle de propriété des pharmacies. Cette proposition envisage la possibilité d’ouvrir le capital des officines à des investisseurs extérieurs à la profession.
Pour les représentants syndicaux, cette évolution remet en question l’architecture actuelle du secteur, fondée sur l’indépendance du pharmacien et une organisation considérée comme un élément du service public de santé.
La CSPM estime que cette réforme pourrait modifier en profondeur le fonctionnement des pharmacies. Les syndicats alertent sur un risque de financiarisation du secteur, susceptible d’influencer les décisions liées à la dispensation du médicament.
Ils évoquent également des conséquences potentielles sur la couverture territoriale, avec une possible fragilisation des pharmacies de proximité, notamment dans certaines zones moins rentables.
Le Conseil de la concurrence défend, de son côté, une approche visant à moderniser le secteur et à renforcer la viabilité économique des officines confrontées à des contraintes financières.
La question de l’ouverture du capital divise les deux bords, entre logique de régulation économique et préservation du modèle sanitaire actuel.

