Le Conseil de gouvernement a donné son feu vert, jeudi à Rabat, au projet de décret n° 2.25.539 fixant le montant des indemnités pour heures supplémentaires accordées aux enseignants du secteur public. Ce texte, qui modifie le décret de 2006 encadrant ce dispositif, vise à réévaluer les compensations financières versées aux cadres pédagogiques et à élargir le nombre d’heures supplémentaires autorisées chaque semaine.
Présenté par le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, ce projet de décret s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes destinées à améliorer le fonctionnement du système éducatif marocain. Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Mustapha Baitas, a souligné que cette mesure s’inscrit pleinement dans les orientations de la loi-cadre n° 51.17 relative à l’éducation, à la formation et à la recherche scientifique, en particulier celles qui visent à réduire le décrochage scolaire et à renforcer la qualité de l’offre éducative.
Au-delà de l’aspect réglementaire, le texte se veut un outil incitatif. Il prévoit à la fois une revalorisation des indemnités pour heures supplémentaires et l’ajout de deux heures hebdomadaires au plafond déjà fixé, permettant ainsi aux enseignants de bénéficier d’une rémunération plus attractive tout en répondant aux besoins des établissements publics. Cette décision intervient dans le sillage de la feuille de route 2022-2026 pour la réforme de l’éducation, qui mise sur la dynamisation de la vie scolaire et sur l’implication accrue du corps enseignant dans les activités pédagogiques.
Pour les enseignants, cette revalorisation représente une reconnaissance de leurs efforts et une incitation à contribuer davantage à la continuité pédagogique, dans un contexte où les écoles cherchent à mieux encadrer les élèves et à limiter les retards accumulés. Pour l’État, il s’agit d’un levier supplémentaire afin d’améliorer l’efficacité du système éducatif, en renforçant la présence des enseignants dans les classes et en créant un cadre plus motivant pour leur engagement.
En agissant sur ce levier financier et organisationnel, le gouvernement espère offrir de meilleures conditions d’apprentissage aux élèves, réduire les inégalités dans l’accès à l’éducation et soutenir la réussite scolaire. Cette réforme traduit une volonté claire de concilier les impératifs de qualité avec la reconnaissance du rôle central du corps enseignant dans la construction de l’avenir du pays.

