La production d’électricité au Maroc a progressé de 5,3 % sur les huit premiers mois de 2025, confirmant la vigueur retrouvée du secteur énergétique national. Selon les dernières données de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), cette performance traduit une nette accélération par rapport à la même période de 2024, où la hausse ne dépassait pas 2,3 %. Une évolution qui illustre la reprise économique du pays et la montée en puissance des opérateurs publics et privés dans un contexte de forte demande intérieure.
Cette croissance s’appuie principalement sur le dynamisme du secteur privé, dont la production a bondi de 7,5 %, ainsi que sur la performance de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), qui enregistre une hausse de 5,7 %. Ensemble, ces deux acteurs ont permis d’assurer une offre nationale solide, capable d’accompagner la reprise de la consommation énergétique, en forte progression depuis le début de l’année.
La demande d’électricité poursuit en effet sa trajectoire ascendante, stimulée par le redémarrage de plusieurs secteurs industriels et la hausse des besoins domestiques. La consommation nette a augmenté de 6,7 % sur un an, tandis que la consommation des ménages s’est envolée de 15,4 % à fin août. Ce regain d’activité met en évidence la reprise économique marocaine, mais souligne également la pression croissante exercée sur le réseau électrique national.
Parallèlement, les échanges extérieurs d’énergie ont connu une évolution contrastée. Les importations d’électricité ont progressé de 27,5 %, maintenant un rythme similaire à celui observé un an plus tôt, tandis que les exportations ont chuté de 29,4 %. Ce déséquilibre reflète la priorité donnée à la satisfaction du marché intérieur, dans un contexte où la consommation locale absorbe la quasi-totalité de la production disponible.
En revanche, la contribution des énergies renouvelables a marqué un recul. Les installations opérant dans le cadre de la loi 13-09 ont vu leur production baisser de 11 %, après une hausse spectaculaire de 39,3 % en 2024. Ce repli, bien que temporaire, met en lumière la volatilité du segment vert et la nécessité de consolider les capacités de production issues du solaire, de l’éolien et de l’hydraulique.
Pour la DEPF, cette évolution confirme à la fois la solidité de la reprise énergétique et les défis structurels à relever. Le ministère de l’Économie et des Finances souligne dans sa note de conjoncture la nécessité d’accélérer la transition vers un mix plus durable et plus résilient. Dans un pays où la demande en électricité ne cesse de croître, la diversification des sources d’approvisionnement et l’intégration des énergies renouvelables demeurent des priorités stratégiques pour garantir la sécurité énergétique nationale à long terme.


