Les recettes ordinaires de l’État marocain ont atteint 424 milliards de dirhams en 2025, en progression de 14,2 % par rapport à 2024, grâce à la forte dynamique des recettes fiscales.
L’annonce a été faite lundi 26 janvier à la Chambre des représentants par Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, lors de la séance des questions orales consacrée à l’exécution de la loi de finances 2025. Cette performance permet de financer les priorités sociales et d’accélérer l’investissement public, tout en maintenant le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB.
Selon M. Lekjaa, la hausse des recettes fiscales a atteint 43,8 milliards de dirhams, avec un taux de réalisation de 107 % par rapport aux prévisions de la loi de finances. Les recettes de l’impôt sur les sociétés ont progressé de 28,6 %, s’établissant à 91,4 milliards de dirhams, tandis que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a atteint 97,7 milliards et l’impôt sur le revenu (IR) 65,4 milliards, malgré le coût estimé à plus de 8 milliards de la réforme de l’IR. Les droits de douane ont augmenté de 12,9 % à 17,2 milliards, et la taxe intérieure de consommation (TIC) a enregistré une hausse de 13,8 % à 41,5 milliards de dirhams.
Cette progression reflète l’efficacité des réformes fiscales menées entre 2021 et 2025, période au cours de laquelle les recettes fiscales ont augmenté de 127 milliards de dirhams, soit un taux de croissance annuel moyen de 12,4 %. Ces ressources supplémentaires ont permis de couvrir l’augmentation des dépenses de personnel, qui ont progressé de 15 milliards de dirhams, ainsi que le financement du chantier de généralisation de la protection sociale, dont les dépenses ont atteint 37,7 milliards de dirhams en 2025, contre 32 milliards l’année précédente.
L’investissement public a également bénéficié de cette solidité fiscale. Les émissions ont progressé de 7,8 milliards de dirhams pour atteindre 125,3 milliards, avec un taux d’émission et de paiement de 76 %, traduisant un niveau satisfaisant de réalisation des projets publics. Le déficit budgétaire reste maîtrisé, et le ratio d’endettement du Trésor a légèrement reculé à 67,2 % du PIB, contre 67,7 % en 2024. Le ministre a précisé que cette trajectoire devrait se poursuivre jusqu’en 2028, avec un déficit stabilisé autour de 3 % et une dette du Trésor ramenée à 64 % du PIB.
Le contexte économique international reste néanmoins complexe. La croissance mondiale modérée, amplifiée par les tensions géopolitiques, les crises climatiques et les mesures protectionnistes, a pesé sur les chaînes d’approvisionnement et l’investissement. Malgré cela, l’économie marocaine a montré sa résilience : la production agricole a rebondi de 4,6 % après une contraction de 4,8 % en 2024, et les activités non agricoles ont poursuivi leur croissance à 4,6 %. Le secteur touristique a dépassé les 20 millions de visiteurs, enregistrant une hausse de 14 %, et les investissements étrangers ont franchi le seuil de 5 milliards de dollars, renforçant les réserves en devises à plus de 440 milliards de dirhams, soit plus de 5,5 mois d’importations.
Ces indicateurs soulignent l’efficacité des choix économiques adoptés ces dernières années sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. La solidité des recettes et la maîtrise des dépenses permettent au Maroc de consolider ses équilibres macro-budgétaires tout en poursuivant des politiques sociales ambitieuses et un développement durable de l’investissement public.

