À Rabat, la signature de la deuxième tranche du programme « Morocco Post-Earthquake Reconstruction » a réuni, ce vendredi 5 juin 2026, de hauts responsables marocains et européens autour d’un financement de 500 millions d’euros destiné à accélérer la reconstruction des zones touchées par le séisme du 8 septembre 2023. La cérémonie a été présidée par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi LEKJAA, aux côtés du vice-président de la Banque européenne d’investissement, Ioannis TSAKIRIS, et de l’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, Dimiter TZANTCHEV.
Cette deuxième enveloppe confirme la mise en œuvre d’un engagement global d’un milliard d’euros porté par la Banque européenne d’investissement, en soutien aux efforts du Royaume du Maroc pour la reconstruction post-séisme. Le financement s’inscrit dans le cadre du programme FEDD+ de l’Union européenne, bénéficiant d’une garantie européenne et d’un dispositif d’exécution étalé jusqu’en 2030.
La signature publique du contrat, intervenue en réalité le 1er décembre 2025, a été officialisée lors de cette cérémonie organisée à Rabat, en marge d’une visite de terrain du responsable de la BEI dans la province d’Al Haouz, l’un des territoires les plus durement affectés par la catastrophe.
Dans le détail, le programme s’articule autour de deux phases complémentaires. La première, couvrant la période 2023–2025, a été centrée sur l’urgence : remise en service des infrastructures essentielles, reconstruction d’écoles et de centres de santé, réhabilitation du réseau routier et désenclavement de zones isolées afin de rétablir rapidement l’accès aux services sociaux de base.
La seconde phase, programmée entre 2026 et 2030, adopte une approche plus structurelle. Elle vise la modernisation des infrastructures routières, le renforcement de l’offre éducative et sanitaire, ainsi que l’intégration de solutions de résilience climatique pour les territoires concernés. L’ambition affichée dépasse la seule réparation des dégâts pour s’orienter vers une transformation durable des zones sinistrées.
Au-delà de l’enjeu technique, ce programme s’inscrit dans une logique de développement territorial fondée sur la cohésion sociale et l’inclusion. Les autorités marocaines et leurs partenaires européens entendent faire des régions touchées des espaces plus résilients face aux chocs futurs, tout en consolidant leur attractivité économique et sociale.

La Banque européenne d’investissement accompagne le Maroc depuis 1979, avec un engagement cumulé proche de 11 milliards d’euros. Depuis 2016, cette coopération s’est intensifiée, avec plus de 4,7 milliards d’euros mobilisés dans des projets structurants tels que le port de Tanger Med, les réseaux de tramway de Rabat et Casablanca, ou encore le développement des infrastructures autoroutières.
À l’issue de la cérémonie, les représentants marocains et européens ont salué la solidité du partenariat tripartite entre le Maroc, la BEI et l’Union européenne. Tous ont réaffirmé leur volonté de renforcer cette coopération, notamment en explorant de nouveaux mécanismes de financement en faveur du développement durable et de la résilience territoriale.
Pour le gouvernement marocain, ce soutien financier constitue un levier important pour conjuguer réponse immédiate aux besoins des populations et préparation d’un modèle de développement plus robuste et inclusif.

