Les exportations de l’artisanat marocain ont franchi un seuil inédit en 2025, dépassant 1,2 milliard de dirhams et établissant un nouveau record pour le secteur. L’annonce a été faite jeudi par le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, à l’issue du Conseil de gouvernement. Les ventes à l’international ont atteint précisément 1,232 milliard de dirhams, confirmant la dynamique de croissance d’un secteur considéré comme l’un des piliers historiques de l’économie nationale.
Cette performance marque une progression notable sur les six dernières années. En 2019, les exportations de l’artisanat ne dépassaient pas 792 millions de dirhams. L’évolution témoigne d’un regain d’attractivité des produits artisanaux marocains sur les marchés étrangers, soutenu par la valorisation du savoir-faire traditionnel et par les efforts de structuration du secteur.
Les États-Unis s’imposent comme premier débouché des produits artisanaux marocains, absorbant près de la moitié des exportations avec une part de 49 %. La France arrive en deuxième position avec 10,5 %, illustrant l’ancrage solide de l’artisanat national sur les marchés occidentaux à fort pouvoir d’achat.
Au-delà de sa performance commerciale, l’artisanat joue un rôle social et économique majeur. Le secteur représente près de 20 % de la population active, avec une participation féminine particulièrement marquée : les femmes constituent 54 % des artisans. Cette forte présence souligne l’importance de l’artisanat dans l’autonomisation économique féminine et dans la préservation de métiers transmis de génération en génération.
La contribution de l’artisanat à l’économie nationale dépasse largement le cadre de l’emploi. Le secteur participe à hauteur de 7 % au produit intérieur brut, génère 7,6 % des exportations nationales et contribue pour 10 % aux recettes touristiques. Les produits artisanaux demeurent en effet un vecteur clé de l’attractivité culturelle du Maroc, enrichissant l’expérience des visiteurs et renforçant l’identité du pays à l’international.
L’artisanat constitue également un débouché professionnel solide pour les jeunes diplômés. Le taux d’insertion atteint 85 %, un niveau qui reflète la capacité du secteur à offrir des opportunités concrètes d’intégration sur le marché du travail, notamment à travers les coopératives et les petites unités de production.
Le ministre a par ailleurs mis en avant l’impact des programmes sociaux déployés par l’État. La généralisation de la couverture médicale et l’amélioration des mécanismes de protection sociale ont permis aux artisans d’accéder à de meilleures conditions de travail. Ces dispositifs contribuent à structurer davantage le secteur et à créer un environnement favorable à l’investissement, à la modernisation des ateliers et à l’amélioration de la qualité des produits destinés à l’export.
Porté par la demande internationale et par l’appui institutionnel, l’artisanat marocain confirme ainsi sa mutation vers un modèle plus compétitif, tout en conservant l’authenticité qui fait sa renommée.



