La coopération sécuritaire entre le Maroc et la Suède franchit un nouveau cap. En déplacement officiel à Stockholm les 20 et 21 avril 2026, Abdellatif Hammouchi a scellé, au nom du pôle DGSN-DGST, un mémorandum d’entente avec les autorités suédoises. Cet accord vise à structurer et intensifier les échanges d’informations, la coordination opérationnelle et la lutte conjointe contre les menaces transnationales, dans un contexte de montée des risques sécuritaires à l’échelle internationale.
À la tête d’une délégation de hauts responsables sécuritaires marocains, Hammouchi a multiplié les entretiens avec ses homologues suédois, notamment le ministre de la Justice Gunnar Strömer, la commissaire nationale de la police Lena Petra Lundh et le commissaire général adjoint Stefan Hector. Ces discussions ont permis d’aligner les priorités des deux pays face à des défis communs : terrorisme, extrémisme, criminalité organisée, cybercriminalité, trafics illicites, mais aussi migration irrégulière et traite des êtres humains.
Le mémorandum signé établit un cadre opérationnel précis. Il prévoit des mécanismes accélérés d’échange d’informations, le partage d’expertises techniques, ainsi que le renforcement de la formation conjointe dans les métiers de la sécurité. L’objectif est clair : améliorer la réactivité des services face à des menaces de plus en plus complexes et interconnectées. Dans cette dynamique, les deux parties ont également acté la nécessité d’une coopération étroite sur les volets numérique et cyber, désormais au cœur des stratégies sécuritaires modernes.
La visite a également été marquée par une proposition significative de la partie suédoise : l’intégration des services marocains au réseau européen de recherche des personnes recherchées. Une initiative qui traduit la confiance accordée au Maroc et la reconnaissance de son rôle dans l’identification et l’interpellation d’individus impliqués dans des réseaux criminels internationaux.
Au-delà des réunions institutionnelles, Hammouchi s’est rendu sur le terrain, visitant plusieurs unités opérationnelles suédoises, dont les unités d’intervention, les brigades cynotechniques et les services spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité. Ces échanges pratiques témoignent d’une volonté partagée de s’inspirer des méthodes les plus efficaces et de renforcer les capacités opérationnelles des deux côtés.
Des discussions ont également eu lieu avec les services de renseignement suédois, notamment avec Charlotte von Essen, directrice du SAPO. Les échanges ont porté sur l’évolution des menaces terroristes dans des zones sensibles comme le Sahel, le Moyen-Orient et l’Europe, ainsi que sur les réponses anticipatives à apporter, en particulier dans le cyberespace.
Cette séquence diplomatique et sécuritaire confirme le positionnement du Maroc comme un partenaire fiable dans l’architecture sécuritaire internationale. Elle illustre aussi la volonté des deux pays d’inscrire leur coopération dans la durée, en s’appuyant sur des mécanismes concrets, opérationnels et adaptés aux réalités du terrain.


