Le Conseil de gouvernement a approuvé, mercredi 22 juillet à Rabat, trois projets de décret portant notamment sur la suspension des droits d’importation appliqués aux ovins vivants et à plusieurs catégories de viandes. Cette mesure concerne les viandes issues des espèces bovine, ovine, caprine et cameline, ainsi que les abats provenant de ces mêmes animaux. Elle intervient alors que le gouvernement cherche à renforcer l’approvisionnement du marché national et à contenir les tensions persistantes sur le marché de la viande rouge.
Présenté par le ministère de l’Économie et des Finances, le projet de décret n° 2.26.584 prévoit la suspension de la perception du droit d’importation applicable aux ovins vivants et aux viandes d’animaux domestiques relevant des espèces bovine, ovine, caprine et cameline. Le texte prévoit également une modification du régime douanier applicable aux abats issus de ces espèces.
À travers cette décision, l’Exécutif entend faciliter l’accès aux importations et contribuer à renforcer l’offre disponible sur le marché intérieur. L’objectif est également de soutenir l’approvisionnement national dans un contexte marqué par la hausse persistante des prix de la viande rouge et par les efforts engagés pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande.
Cette nouvelle mesure s’inscrit dans la continuité des dispositifs déjà mis en place par les autorités pour agir sur le marché des viandes rouges. Dans le cadre de la loi de finances 2026, le gouvernement a notamment prolongé l’exonération des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquées aux importations de bovins domestiques. Le contingent de bovins pouvant bénéficier de cette exonération a également été porté de 150.000 à 300.000 têtes, avec l’ambition de soutenir l’offre nationale, de préserver la stabilité du marché et de favoriser la reconstitution du cheptel.
Ces mesures prolongent une politique d’intervention engagée depuis plusieurs années pour atténuer la pression exercée sur les prix de la viande rouge. Une précédente initiative avait notamment été adoptée en septembre 2024 afin de faciliter les importations et d’améliorer l’approvisionnement du marché. Malgré ces efforts, les prix à la consommation sont restés élevés, limitant l’impact attendu sur le pouvoir d’achat des ménages.
Le projet de décret n° 2.26.584 fait partie d’un ensemble de trois textes approuvés lors de la même réunion du Conseil de gouvernement. Le projet de décret n° 2.26.583 concerne, pour sa part, la prorogation de la perception du droit d’importation applicable au blé tendre et à ses dérivés. Le troisième texte, portant le numéro n° 2.26.434, modifie et complète le décret d’application de la loi n° 58.23 relative au régime de l’aide sociale directe.
Ce dernier texte précise notamment les conditions liées à l’allocation exceptionnelle prévue par la législation sur l’aide sociale directe. Il fixe à douze mois au maximum la durée pendant laquelle cette allocation peut être perçue, que cette période soit consécutive ou répartie sur plusieurs périodes.
À travers l’adoption de ces trois décrets, le gouvernement agit ainsi sur plusieurs fronts à la fois : l’approvisionnement du marché alimentaire, la régulation des importations de produits agricoles et le dispositif de protection sociale. Sur le volet de la viande rouge, la suspension des droits d’importation sur les ovins vivants et les viandes concernées constitue l’une des principales mesures annoncées, avec pour enjeu de renforcer l’offre disponible et de contribuer à une meilleure maîtrise des prix sur le marché national.


