La canicule qui a frappé une grande partie de la France entre le 17 juin et le 2 juillet 2026 a été accompagnée d’une forte hausse de la mortalité. Selon une première estimation publiée mercredi 22 juillet par Santé publique France, 5 764 décès supplémentaires ont été enregistrés au cours de cette période dans les 92 départements concernés par l’épisode de chaleur. Ce bilan provisoire correspond à une surmortalité de 36 % par rapport au nombre de décès attendu.
L’ampleur de cette hausse place cet épisode parmi les plus meurtriers observés en France depuis la canicule historique de 2003. Santé publique France appelle toutefois à la prudence dans les comparaisons, précisant que ces chiffres ne permettent pas, à ce stade, d’attribuer avec certitude l’ensemble des décès supplémentaires aux températures extrêmes.
Plus de la moitié des décès en excès recensés sur la période se sont concentrés sur trois journées, les 25, 26 et 27 juin. Cette séquence intervient quelques jours après les 24 et 25 juin, marqués par les températures les plus élevées jamais enregistrées dans le pays, selon le bulletin de l’agence sanitaire.
L’impact de l’épisode de chaleur s’est fait sentir dans toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, une situation qualifiée d’inédite par Santé publique France. La hausse de la mortalité devient toutefois particulièrement marquée à partir de 45 ans.
Les personnes âgées de 75 ans et plus restent les plus touchées. Elles représentent environ les deux tiers du bilan provisoire, avec au moins 3 719 décès en excès, soit une augmentation de 33 % par rapport à la mortalité attendue. La tranche des 45-64 ans affiche également une progression particulièrement forte, avec 979 décès supplémentaires, correspondant à une hausse de 55,4 %. Chez les 15-44 ans, 118 décès en excès ont été recensés, soit une surmortalité de 29,6 %.
Cette augmentation de la mortalité toutes causes confondues a été observée dans différents lieux de prise en charge et de décès, notamment dans les établissements hospitaliers, les Ehpad et autres maisons de retraite, mais également parmi les décès survenus à domicile.
Sur le plan géographique, l’Île-de-France apparaît comme la région la plus fortement touchée. Elle a enregistré 1 999 décès en excès, soit une hausse de 81 % de la mortalité sur la période étudiée. Le Grand Est arrive en deuxième position, avec 635 décès supplémentaires et une surmortalité de 38,9 %.
La hausse de la mortalité a été constatée dans la plupart des régions françaises. La Corse, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur font toutefois exception, aucune surmortalité significative n’ayant été relevée dans ces territoires au cours de la période analysée.
Santé publique France souligne que ces données restent provisoires. Le bilan définitif devra être établi à partir d’analyses plus approfondies, prévues à l’issue de la période de surveillance estivale. Ces travaux, attendus à l’automne, permettront notamment de mieux mesurer l’impact spécifique des fortes chaleurs sur la mortalité et de confirmer ou d’affiner les premières estimations.
L’épisode de juin 2026 intervient dans un contexte marqué par la répétition des vagues de chaleur en France. Avec 5 764 décès en excès recensés en un peu plus de deux semaines, son bilan provisoire constitue déjà un signal particulièrement préoccupant. La comparaison avec 2003 reste toutefois à manier avec précaution : cette année-là, la canicule avait entraîné environ 15 000 décès en France.


